SCÈNE XIV
Victor;, ADÈLE.
VICTOR
Allons, ma chère Adèle, puisque le pilote quitte le gouvernail, c’est à nous à conduire notre barque à bon port.
ADÈLE
Gare les écueils! D’abord ne va pas te quereller avec maman, comme tu le faisais toujours.
MADAME FUTILE
VIGTOll.
Je m’en garderai bien. Tu te souviens que dans les soirées où nous n’avions pas d’étrangers, elle me faisait lire des romans dont elle n’entendait pas un mot. A la seconde page, elle s’endormait. Dès que je la voyois fermer les yeux, je cessais de lire. Elle voulait que je continuasse, je ne le voulais pas et nous nous querellions. Mais aujourd’hui je ferai tout ce qu’elle voudra.
ADÈLE
Je le crois bien , et pourtant je ne suis pas tranquille. Tiens, Victor, ma bonne mère, nous aime tendrement l’un et l’autre; elle voudrait nous voir heureux ; elle désire notre mariage , et au moment de le conclure elle hésitera.
VICTOR
Mais pourquoi?
ADÈLE
Elle me disait encore hier : « Adèle, quand » tu seras mariée, m’aimeras tu toujours au- » tant ? » et ses yeux se remplissaient de larmes.
^ VICTOR
Nous la rassurerons, mon Adèle; plus de tristesse, tu allarmerais ma tante et elle ' se