‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 123 sur 247 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

FLORBEL, LAVOCAT.

L»AV0CAT

Monsieur, je suis très-mécontent de vous. Un avocat est un confesseur, on ne doit rien lui cacher, et vous m'avez caché ce qu'il y avait de plus essentiel danst votre affaire. Je vais droit mon chemin, moi, et je ne vous tairai pas que madame Bonbec sort de chez moi.

SCEKE XII. 2AÏÎ

FLQRBEL.

Madame Bonbec!

L'AVOCAT

Laissez-iiaoi parler, s'il vous plaît. Oui, monsieur, madame Bonbec ; j'avoue que je Fai écoutée d'abord avec la plus grande défiance; je ne Pavais jamais vue, et je devais croire que, d'après la conduite de son frère envers elle , cette dame ne méritait pas d'inspirer un grand intérêt. Je me trompais. Elle m'a parlé avec une telle franchise, un tel abandon, et d'elle, et de son frère , que j'ai vu clair comme le jour que vous n'étiez pas fort innocent dans cette affaire.

FLORBfiL.

Comment pouvez-vous ajouter foi...

L'AVOCAT, l'interrompant.

Je n'ai pas fini. Madame Bonbec a d'abord commencé par m'avouer que son frère était un assez mau-^ vais sujet.

C'était le plus galant homme du monde.

L'AVOCAT

Joueur, débauché.

PLORBEL..

C'est faux.

L'AVOCAT

Laissez-moi achever, de grâce. Que ce frère, plujs jeune qu'elle , avait été fort long-temps so^is sa dépendance, et qu'enfin, irrité d'être sous une tutelle aus^i séyère , il avait fiii de sa maison en lui vouanj:

une haine éternelle. Madame Bonbec ne s'est point épargnée à mes yeux. Çlle confesse qu'elle est vive^ parfois emportée, et qu'elle aimait son frère avec tant de tendresse, que peut-être aura-^i-elle passé à son égard les bornes d'une sévérité raisonnable; mais qu'elle a fait depuis tous ses efforts pour le ramener à elle, et qu'il était près d'y revenir lorsque vous vous êtes emparé de lui.

FLORBEL.

Tout cela est un tissu de mensonges. Cette prétendue tutelle de madame Bonbec est de son invention, puisque mon ami venait de perdre son père, qui de- 'meurait ^vec lui , lorsqu'il eut cette malheureuse affaire dont je vous ai parlé.

L'AVOCAT

Mais toujours est^il vrai que, pendant cette malheureuse affaire, vous entretîntes une correspondance avec lui , et que c'est avec les lettres de cette correspondance que vous aviez gardées ; que c'est avec ces lettres, dis-je, qu'aussitôt que vous le sûtes malade, vous le forçâtes à faire un testament en votre faveur, le menaçant de le perdre s'il hésitait. On ajoute qu'on a vos réponses, et qu'on les produira en plein tribunal. C'est très-mal.

FLORBEL.

Je ne crains rien, monsieur; ma conduite est sans reprocTie , et , quoique je ne sois pas orateur, ma cause est si bonne , que si vous me refusez votre ministère , je la plaiderai moi-même. J'ai vu aussi cette madame Bonbec ce matin même; elle m'a fait je ne

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