MADAME VIÉTOF, AGLAÉ, ERNEST, FRANÇOISE
MADAME VlfexOF.
Qu'est-ce à dire? Et bien, il attendra. Voilà un maire bien pressé. Il n'est pas onze heures.
ÀGLAÉ.
En effet, dès que mon père n'a pas voulu que je fisse deux toilettes , je ne puis pas me marier de si bonne heure , habillée comme je le suis ; cela n'aurait pas d'exemple.
MADAME VIÉTOF.
Tu as bien raison. Monsieur le maire, d'ailleurs, ne fait pas si souvent des mariages comme le vôtre ; quand il y priettrait un peu de complaisance, (a Emest.) Commerft trouvez-vous Aglaé aujourd'hui?
ERNEST
Je la trouve très-bien. .
MADAME VIÉTOF.
N'est-il pas^vrai? (Asamie.) Assieds-toi donc, mon
cœur, tu ne dois plus pouvoir te tenir sur te^ jambes.
Les voitures sont eft bas depuis long-temps.
MADAME VIÉTOF, s'asseyant.
Ah! ah! .*
• ( Agla^ s'assied aussi. )
ERNEST
Si A^aé xoulait, nous nous débarrasserions de cette corvée de la municipalité, et nous n'irions après cela à l'église que quand il lui plairait.
MADAME VIÉTOF.
Oui, si monsieur Vi^of était raisonnable. Mais une fois qu'il nous tiendra, il ne "nous laissera plus revenir. Il faut avoir le temps de se reconnaître. Voilà la première fois de la matinée que nous pouvons prendre quel«[ue repos. N'avez-vous -pas une course à faire? Allez, monsieur Ernest, nous vous attendrons.
ERNEST
Le salon est plein de monde.
MADAME VIÉTOF.
Je m'en doute bien ; monsieur Viétof a envoyé tant d'incitations.
ERNEST
Nous ne pouvons guère retarder plus long-temps.
MADAli^p VIÉTOF.
Bast ! bast! ils ne s'enniyent pas, je vous assure.
Mais enfin, puisque nous^ sommes prêts.