‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 15 sur 247 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

FRÉDÉRIC

Si c'est ainsi que tu veux prouver ton amitié pour moi..*.

GUSTAVE

Il n'y a pas d'amitié là-dedans.

FREDERIC

C'est ce que je trouve.

GUSTAVE

Tu feras mieux par la suite.

Je ne crois pas.

GUSTAVE

Tant pis pour toi.

FRÉDÉRIC

OÙ as-tu appris à juger des vers? Tu t'ériges en aristarqùe ; écoute donc , Gustave , il faut avoir des droits pour cela. R!ten n'est facile comme de trouver tout .détestable. Pour moi, qui n'ai pas cette manielà, je dis que mon poème est parfait.

GUSTAVE

J'en tombe d'accord, si tu veux; mais sais^tu ce que cela prouve ? c'est qu'il ne m'est pa& plus possible de m'entendte avec toi qu'avec le reste de ma famille. * 1-

j, • FRÉDÉRIC.

Il ne faut peut-étFC pas en accuser 1^ famille. Tous les jours on se croit supérieur à des gens qui ont autant de qualités que vous. Ton père,, ta mère, ta sœur sont tous ^ bons; jamais ils n'ont proféré le moindre mot qui pût blesser personne. Je suis bien

sûr que , si je leur lisais mon ouvrage , ils en seraient enchantés : c'est un genre de mérite comme un autre.

GUSTAVE

Sans contredit ; et désormais , en te parlant , je tâcherai de ne pas oublier que tu es poète.

FREDERIC , devant la voix.

Tu as beau vouloir te moquer, certainement je suis poète.

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