SCENE XVIII. ses
puérilités4à ? (A sa fiUe. ) Et tu ne l'en as pas instruit, j'espère ?
AGLAÉ
Certainement non. • •
MADAME VIÉTOF.
Tu as bien fait. Mon cher monsieur Ernest, jp ne • sais pas jusqu'où vous iriez -si l'on vous laissait faire. Il ne faut pas trop vous exagérer les droits d'un mari... (Elle rit.). Mais ilest de règle que les amoureux se querellent toujours... Avec cela, c'est le bon temps, avouez -le.
*• ERNEST
Je n'ai rien exagéré.
MADAME VIÉTOF.
Si fait , puisque ma fille se plaint.
ERNEST
Âglaé pourrait s'être trompée.
MADAME VIÉTOF.
Une femme ne se trompe jamais.
ERNEST
Un mot m'aurait suffi.
MADAME VIÉTOF, avec ironie.
Un mot ?
AGLAÉ
Oui , maman ; voilà où il en est.
MADAME VIÉTOF.
Vous êtes aussi enfant l'un que l'autre. Eh bien, monsieur le despote, si je vous apprenais, inoi^ que
cette terrible conversation m'était connue , que je savais qu'il n'était question que d'une invitation pour votre bal de noce , où en $eriez-vous avec vos éclats d'autorité ? • •
AGLAÉ , donnant k sa mère la lettre que Justin lui a remise»
Monsieur peut lire.
MADAME VIÉTOF, présentant la lettre k Ernest qui la refuse. •
' (A sa fille.) Tu cs trop bounc. (A Ernest.) Cette madame Dermance, qui a signé ce billet , est la mère d'une jeune personne que mon neveu recherche en mariage. Il ne nous a parlé qtie ce matin du dési» qu'il avait de nous les faire engager pour ce soir, et voilà tout ce grand mystère. Avez- vous encore quelque chose à exiger ?
ERNEST
Si vous voulez absolument me condamner...
MADAME VIÉTOF.
Non, je veux vous réformer. Soyez persuadé que ce qui établit dans le monde la réputation d'un honnête homme, c'est sa femme. Quand une femme se loue d'un mari , il n'y a plus rien à dire. Mais vous m'avouerez qu'une femme, de son côté, ne peut se charger d'une aussi grande responsabilité que lorsque véritablement elle ne trouve rien qui la choque ; et les femmes sont très-susceptibles, et elles ont raison de l'être.
AGLAE.
Voilà qui est fini, maman. Il reconnaît ses torts; il ne faut pas le gronder davantage.