SCÈNE XV
M. ROGHEVILLE.
Mais enfin que vous est-il arrivé ?
VICTOIRE
Attendez donc que je sois un peu remise, monsieur.. Je ne sais encore où j'en suis. J'avais tant dit que je n'irais jamais dans les bois.
MADAME ^UINARD.
Je ne devine pas à qui elle en a.
M. DUMONT
Ni moi.
VICTOIRE
Les hommes de ce temps-ci sont bien abandonnés du ciel.
M. ROCHEVILLE.
Nous VQus attendons, Victoire, et je commence terriblement à m'impatienter.
VICTQIRÇ.
Eh bien , monsieur, j'étais donc occupée à ramasser le linge pour en tkire un paquet;^ je Ip repliais ai^rés d'un arbre, bien tranquillement, quand un démon, un vrai diable incarné, est sorti je ne sais d'dùy m'a pi*ij5e à bras-le-corps en m'^pelant son amour.
M. ROCHEVILLE. .
Après ?
VICTOIRE
La surprise, la frqy^ur m'ont d'abord rendue toute^ je ne s&i* comment ; mais j'ai vu J;)ien vite que je n'avais d'autre parti à prendre que d« crier, et jliicrié.
MADAME ROCHE YILLE.
En voilà assez.
/ M. ROCHEYILLE.
Quelle espèce d'homme était-ce?
* VICTOIRE
Quelle espèce d'homme?... Mais je ne puis pas trop dire à monsieur. Cependant, il m'a bien semblé que c'était un homme del'espèce:.. des hommes.
M. DUMONT
Etait-ce un paysan ?
VICTOIRE
Fi donc! mqjisieur... Un paysan !
MADAME RtlINARD.
Etait-U jeune ou vieux?
VICTOIRE
C'était, en vérité, un bftau jeune homme.
M. ROCHEVILLE.
Mais un manant. '
victoire:
Pas du tout manant. Il était mis comme monsieur. De beaux yeux , des couleurs bien fraîches , le nez un peu gros; mais des dent9>.. ab! des dents d'une blancheur éblouissante.
M. ROCHEVILLE.
Il parait que^vous l'ayez bipn regardé.
VICTOIRE.* *
Pardine, monsi/?ut, il était si près de moi.