M. LEDOUX
Monsieur Lebon n'est pas si terrible, ce me semble.
MADAME LEBON
Terrible ! il est bien question d'être terrible. Sans être terrible, ne peut-on avoir de l'bumeur contre quelqu'un ? Vous n'ignorez pas les dispositions où il ' est vis-à-vis de ce petit entêté.
GÉGULE.
Il n'est plus entêté, puisqu'il renonce à son bureau.
SGÈME XV. 3»
H. LBDOUX.
£h bien , raison de ^us. C'était là le motif de la brouille y je crois. Dès que ce motif disparait... ,
MADAME LEDOUX
Il n'existé plus de griefs contre lui.
MADAME LEBQff.
Nous ne nous entendrons jamais.
FRÉDÉRIC
Je ne connais pas de femme qui aime son mari autant que ma tante aime mon oncle , et cependant , à l'entendre parler , on s'imaginerait...
MADAME LEBON
Qu'est-ce qu'on s'imaginerait? car je perds patience à la fin. Certainement personne n'a jamais été mieux ncunmë que monsieur Lebon. C'est un homme unique , im cœur de roi ; il a toutes les qualités ; je ne lui connais pas un défaut; mais est-ce une raison pour ne pas le ménager ? faut-il abuser de son excellent caractère , et le pousser à bout tout-à-fait ? Tu ne dis rien non plus , toi, Gustave. Tu devrais me soutenir.
GUSTAVE
C'est que j'ai aussi le malheur d'être de leur avis.
MADAME LEBON
De sorte que tout le monde est contre moi , jusqu'à mon fils. Dieu veuille que j'aie tort; mais j'ai bien peur, Gustave , que ce ne soit un reste de rancune contre ton cousin.
se LA JOURNÉE BIFFIGILE.
GUSTAVE
Ah! maman, que vous me faites de peine de me juger si mal !
HADAIIE LEBON.
Si tu étais à ma place , tu saurais ce que je soufire. Je vous l'avoue, mes enfans, je puis me tromper, mais je crains une catastrophe.
GUSTAVE
Frédéric, prends ton parti, mon garçon; il n'y a plus à reculer.
FRÉDÉHIG.
Au moins ne m'ouhliez plus.
B[ADAME LEBOrf.
Je te promets, malgré tous les embarras de cette journée, d'aHer te chercher moi-^méme. Va, mon petit Frédéric , sois sûr que je te sais bon gré de ta complaisance. C'est un instinct qui me dit que j'agis pru- ' demment.
(Frëd<<ricsortO