‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 204 sur 247 · PLUSIEURS JURÉS · texte numérisé non relu

PLUSIEURS JURÉS

De sa cliente !

M. PARLA VIDE, se reprenant.

De l'accusée , messieurs. Le jeune âge de l'accusée, dis-je , ne peut-il pas faire admettre la possibilité d'un

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enfantillage, le désir de se procurer un jouet, un amusement? et les moyens de se procurer ce jouet, cet amusement, n'étaient- ils pas pour la petite Mengin un jouet et un amusement de plus? Pourrionsnous consentir à flétrir pour jamais l'avenir d'une pauvre enfant qui n'a pas même l'idée de son crime, et que nous allions corrompre en la plongeant dans d'infâmes lieux de réclusion , où elle eût partagé la société des plus viles créatures ?

( Pliuieurs juré» s'essuient las yeux. ) DOUZIÈME JURÉ , pleurant.

Mais, monsieur le président, comment donc faire? Monsieur l'avocat-général ne nous a pas dit un mot de tout cela. Il est bien d'avis que cette pauvre petite est déjà une scélérate. Si nous nous permettons d'en juger autrement , nous allons manquer à un magistrat; et comme un magistrat est toujours un magistrat respectable, nous allons manquer à un magistrat respectable.

M. PONCTUEL

Il est la partie publique, c'est son devoir d'accuser.

M. BENm.

Moi qui lui en voulais. Ah ! c'est son devoir.

M. PARLA VIDE

Je vais poser la" quatrième et dernière question; question de peu d'importance et qui confirmerait encore ce que je vous disais tput à l'heure, que tout ceci pouvait n'être considéré que comme un enfân-

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tillage, puisque les prétendus complices ne sont que des enfans.

M. PlŒSSÉ.

Monsieur, la quatrième question.

M. PARLATIDE.

Louis Mengin et Catherine Friclot, l'un frère ^ l'autre camarade de la prévenue, étaient-ils de complicité avec elle ? (Riant avec une sorte d'affectation.) Uu CnfaUt

de treize ans, l'autre de quatorze , quels complices!

M. BENIN

Bast! messieurs, votons non par acclamation.

M. PONCTUEL

On ne peut pas voter par acclâmatit)n dans un^ jury-

M. BENIN

Je commence donc par dire non.

M. PRESSÉ

Oui.

M. PONCTUEL

Je me fais ce raisonnement. Le petit Mengin n'a que treize ans ; il ne doit pas sortir seul ; il n'est donc pas étonnant qu'on l'ait trouvé près de sa sœur, sans que pour cela on puisse induire qu'il y eût complicité entre eux. Quant à Catherine Friclot, comme il est prouvé qu'elle chantait, et qu'on n'a jamais entendu de complice chanter....

M. DURET

Quel raisonnement! Un enfant de treize ans, à la

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campagne , qui ne peut sortir qu'avec sa sœur ! Les bourgeois de Paris sont drôles; ils ne savent pas que, même dans nos faubourgs ^ les enfans courent les rues en venant au monde.

M. JOVIAL

Mais quant aux chants de mademoiselle Friclot, que répondrez-vous?

M. DURET

Qu'elle cherchait à couvrir le bruit que faisait sa complice.

M. JOVIAL

Vous croye*' donc que son chant n'était que du bruit ; en ce cas il faut la faire débuter à l'Opéra.

( Tous les jare's rient. ) M. PARLA VIDE.

Messieurs, messieurs, de la grayitè, je vous en prie. (A M. Ponctuel.) Et vous, monsieur, veuillez bien répondre par oui ou par non. Louis Mengin et Catherine Fridot étaient-ils d'accord avec la prévenue?

M. POMCTUEL.

Non.

M. JOVIAL

Il est possible qu'il y eût de l'accord , s'il n'y en avait qu'un qui chantât.

M. PARLAVIDE.

Encore des quolibets! Monsieur, vous allez vous faire rappeler à l'ordre. Répondez oui ou non.

M. JQVIAL.

Sérieusement, non.

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