‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 210 sur 247 · LEON, PAULINE · texte numérisé non relu

LEON, PAULINE

PAULINE

Quoi! monsieur Léon, c'est vou»? Vous avez quitté Montpellier? Vous ne voulez donc plus a()pren^re à être médecin ? Monsieur votre oncle sait-il au moins votre retour?

LÉON

Non , ma chère Pauline ,i>et je ne Tiens que pour lui demander réponse à une lettre qu'il doit avoir reçue.

PAULINE

Une lettre de .vous ?

LEON

Non. • .

PAULINE

Une lettre d'un autre ! Vous avez fait tant de chemin pour cela! Vous avez donc un grand intérêt dans cette affaire. (Eiiescuphe.) Ah! mon Dieu! si je devinais.

57§ TOUS LES^ COMÉDIENS ^ te. '

Regardez-moi, monsieur Léon. C'est Cela, vous voulez vous marier.

LÉON

• Pauline , mon oncle a parié de cette lettre à la mère ou à toi. •

PAULINE

Pas un mot; mais je vois que je ne me suis pas trompée. Ah ! monsieur Léon*! ^

( EUe met son tablier sur ses yeux. )

^éon' Qu'est-ce que tu as donc , Pauline ?

' PAULINE

C'est vrai , monsieur, ce que je fais n'est pas raisonnable ; mais c'est plus fort que moi. J'ai beau savoir que je ne suis qu'une pauvre fille, dont la mère est gouvernante de monsieur votre oncle, je^ne puis pas oublier que nous ^vons été élevés ensemble, et que j'ai toujours eu bien de l'amitié pour vou^.

LÉON

Je ne vois pas pourquoi cette amitié cesserait.

PAULINE

« Effectivement, elle doit même s'augmenter par votre mariage.

LÉGN.

Ma chère Pauline , tu m'embarrasses J>eaucoup ; je t'aime de tout mon cœur, mais enfin....

PAULINE

Vous en épousez une autre; n'est-ce pas cela que vous voulez dire ?

S€ÈNE I. • 370

LÉON*

Tu n'as jamais pensé à être ma femme.

PA.ULINE. ^

Monsieur Léon, j'îii déjà pensé à bien âçs choses.

LÉON

Dis-moi , mon oncle sera-t-il long-temps dehors ?

PAULINE

Il a son habit de l'Institua, et , quand il sort £bvec cet habit-là , il rentre toujours fort tard.

LÉON

Et Jta mère ?

PAULINE

Ma mère est ici près , elle va revenir.

LÉON

J'attends un monsieur.

PAULINE

Un monsieur de Montpelliçr?

LÉON

Oui..

PAULINE

Celui qui a écrit la lettre peut-être ?

LÉON

C'est vrai.

• PAULINE

Votre .beau-père futur?

LÉON

Tu devinas on ne peut mieux.

390 TOUS UES GOBIEDIENS, elc.

PAULINE

Vous serez venus ensemble pour mieux décider

moi^ieur.

Tu es vraiment getitilie.

• Pauline! •

Voilà un beau-père tien pressé.

LÉON

Ecoute donc, on ne trouve pas tous les jburs des gendres comme moi. •

PAULINE

Pouvez-yous Badiner ainsi ? fauvre Pauline !

LÉON

"* ïu m'affliges , mon enfant. Jamais je ne t'ai dit un mot qui pût te faire la moindre illusion.

PAULINE

Vous n'avez guère de mémoire. Qu'est-ce que je devais donc croire quand vous m'appeliez votre petite femme?

LÉON

Nous étions des enfans.

PAULINE

Pas si enfans, monsieur. Je vous entendâ encore me dire que j'étais la plus jolife fille du mondé ; les enfans ne disent pas de ces choses-là.

LÉON

Je le répéterai encore.

S€ÈNE I. 381

PAJJLIJVE.

Oh ! que non , je suis changée.

En bien.

PAULINE

Que les hommes sont trompeurs !

LÉON

Pauvre petite î .

PAULINE

Allons, allons y voilà qui est fini; je croyais être ,♦ aimée y je ne le suis pas; c'est à moi à savoir cacher mon chagrin.

LÉON I avec di^Ieur.

Mais je t'aille beaucoup.

PAULINE', le regardant tendrement.

Comme vous avez dit cela , monsieur Léon !

LÉON

C'est la vérité. • .

* PAULINE

y#us m'abandonnez cependant.

LÉON

Que veux-tu , Pauline ?

PAULINE

Rien , monsieur Léon. Il faut 91e pardonner. Pourvu que vous ne m'oubliiez pa^ •

LÉON y avec expression.

T'oublier ! jamais.

582 TOU& LES COMÉDIENS , eto.

PAULINE , cTune v«ix entrecoupée.

Je sais -contente, je n'en demande pas plus. Au revoir, monsieur Léon; j'eptends ma mère, vous allez lui parler de votre mariage ; je n'en sais que trop sur ce sujet ^ et je vous laisse.

* (Pauline sort.)

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