SCÈNE XVIL
LES PRÉcÉDENs, M. LEBON , M. BLANCHET.
M. LEBON
Vous voilà bien en train. Tant mieux , tant mieux. Pour moi, la promenade m'a fait du bien. J'étais maussade ce matin; ce pauvre Gustave en a porté l'endos. Embrasse-moi, mon enfant, et réconcilions-nous.
GUSTAVE f aprë« avoir embrasse son père.
(A part.) Quand finirai-je de me réconcilier? (Haut.) Mon père, s'il y a eu quelque chose entre nouiS, à coup sûr j'avais tort.
M. LEBON
C'est joli ce que tu dis là, très-joli. Vous avez tous de l'esprit comme des anges. Cela fait bien , l'esprit. Nous sommes passés chez ton oncle , monsieur Blanchet et moi. Il viendra.
MADAME LEBON
Il viendra .î^
M. LEBON
Oui. lia été un peu sot de ma visite, il ne se doutait pas que j'irais le relancer jusque chez lui. Il a ri comme un fou en me voyant. Il est si gai ! Madame Ledoux, je lui ai dit que tu ne lui parlerais de ta vie s'il s'avisait de nous manquer de parole. Comme tu es sa benjamine...
MADAME LEBON
Mon frère aime également tous nos enfans.
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M. LEBON , iua femme.
Tu es bien toujours la même. Elle a peur que cela ne mette de la jalousie dans la famille.
MADAME LEBON
Ce sont de ces choses sur lesquelles il ne faut jamais plaisanter.
M. LEDOUX ^ avec gaieU.
Écoutez donc, maman a raison. Si mon oncle avait trente ans de moins , qu'il eût encore ses cheveux j et qu'il ne fût pas tourmenté de la goutte , eh! mais, je ne répondrais pas d'être tout-à-fait tranquille.
M. LEBON
Bien répondu.
CÉCILE , bas k sa mère.
Maman , vous n'oubliez pas Frédéric?
MADAME rEBON , bas k sa fille.
Il n'est pas temps. Tu vois bien d'ailleurs que tonpère est gai.
CÉCILE , de même.
C'est pour cela.
MADAME LEBON
Tu n'y entends rien.
GUSTAVE
Mon père , toute votre famille , qui vous aime et vous honore, se réunit pour vous demander...
MADAME LEBON
Gustave , c'est trop tôt.
M. LEBON
Oui , oui , c'est trop tôt.
MADAME LE30N , & son mari. ^
£st*ce que tu sais ce qu'on veut te dire ?
M. LïfBON.
Je m'en doute au moins.
MADAME LEBON
Âh ciel ! nous sommes trahis. '
M. LEBON
Il me semble qu'il n'y a plus de secret.
MADAME LEBON
Monsieur Blanchet, vous aurez parlé.
M. BEANCHET.
Sur mon honneur ^ je n'ai pas dit un mot.
MADAME LEBON
D'où cela peut-il donc venir? Je m'y perds.
M. LEBON
Ma bonne amie^ tu n'as pas la prétention de me cacher plus long-temps que c'est aujourd'hui ma fête?
MADAME LEBON
Non vraiment, mais comment sais-tu ce que Gustave voulait te dire?
M. LEBON
Je ne le sais pas positivement; pourtant , sans être bien fin, je devine que c'est une manière de compliment.
MADAME LEBON
(A part.) Ah\ je respire. Il ne se doute de rien sur Frédéric. (Haut.) Gustave, approche le fauteuil de ton père, et présentez-lui tous vos bouquets.