SCENE n
n'est pas de fortune à çà. Aile n'avait qu'à inviter rien qu'Ia famille , c'était tout ce qu'il fallait.
MARGOT
Oh ben oui , rien qu'la famille ! S'il n'y avait eu qu'la famille , gn'y aurait pas eu d'noce.
THOMAS
Dis donc, femme , tu n't'aperçois pas que p'tit à p'tit nous Tsôns comme tout le monde ; nous mangeons le bien des gens , et nous nous moquons d'eux après. C'n'est pas trop ben , da.
MARGOT
Tsais ben ça; mais c'est que ça amuse. Allons ^ allons, en v'ià assez. Tiens, pour ne pas r'commencer,
j'vaS aller au marché. (Elle range ion ouvrage et prend un panier.)
Donne-moi d'I'argent.
THOMAS , se gratUnt l'4>reiUe.
D'I'argent? '
Oui.
• fnOMAS.
Cest qu'je n'suis guère en fonds , p'tite femme.
MARGOT
ISTle fais donc pas tirer l'oreille. 11 faut ben que j'achète queuque chose pour mettre dans Tpot*
THOMAS y loi donnant des souliers.
Tiens, prends ces galoches.
MARGOT
Pour mettre dans l'pot ?
2f8 LE SAVETIER ET LE FINANCIER.
THOMAS
T'es sotte ! Eh non. Porte-les à la mère Simone , et tu lui demanderas vingt sous.
* MARGOT
Qu'est-ce que tu dis donc^ mon homme? vingt sous ! N'faut pas écorcher Tpauvre monde , non plus.
THOMAS
. Dame!. écoute, p'tite femme, j'iy ai mis iln bout!
MARGOT
C'est égal.
Au reste, arrangez cela ensemble. Mais surtout nVa pas dépenser plus qu'il ne faut. N'achète pas un tas de rubans et de babioles qui ne servent à rien.'
MARGOT
Avec vingt sous !
( Elle sort en riant.)