SCENE X
LES PRécéDBNs^ M. DORYÂL.
M. BORVAL.
Les beaux chênes du coteau sont à bas.
MADAME DORYAL.
Depuis quand?
M. DORYAL.
Depuis tout à l'heure apparemment , car ils étaient encore sur pied ce matin quand je me suis levé.
JULIEN
Il faut avouer qu'ils cachaient une bien belle vue.
M. DORYAL.
Va admirer ta belle vue. On n'aperçoit plus qu'une terre de craie qui Êiit mal aux yeux.
\ MADAME DORYAL.
C'est encore une gentillesse de votre frère, sans doute? Il a raison : vous ne dites rien; il est tout simple qu'il donne carrière à son imagination. C'est peut-être à ce beau chef-d'oeuvre que sont employés
i66 L'ESPRIT BE DESORDRE.
nos domestiques. It n'y en a pas un seul à la maison. Si vous l'approuvez, c'est fort bien fait.
M. DORVAL
Allons, allons, ma bonne amie.
MADAME DORVAL
Mais, monsieur Dorval, vous ne prétendez pas que je voie de sang-froid le désordre qui s'introduit dans cette maison. Ne voilà-t-il pas Agathe qui balance sur son mariage avec monsieur de Blévaux.
M. DORVAL
Ah! par exemple!....
MADAME DORVAL
Demandez-lui à elle-même.
AGATHE.-
Maman a mal interprété mes paroles» J'ai seulement voulu lui faire entendre qu'il y avait une certaine réserve tout-à-fait de bon goût , et qui devait régler la conduite d'une jeune personne ^ même envers un homme qui la recherche en mariage.
MADAME DORVAL
Comprenez-vous rien à cela ?
JTJLIEN.
Dans le grand monde....
MADASfE DOEVAL.
Que veut-il dire, celui-ci , avec son grand monde?
JVLIEK.
Il y a un âge où une jeune personne doit nécessairement changer de manières; Agathe l'a senti,
SCBNir XI.' 26T
el vous ne pouvez la blâmer des réflexions qu'elles a faites.
AGATHE
Si monsieur de Blévaux a de l'usage, il appréciera ma conduite, et s'il en manque....
MADAMEl DORVAL.
S'il en manque, tu ne l'épouseras pas. Vous l'entendez, monsieur Dorval.
M. DORVAL
Ce sont des perroquets que l'on a ^jGQés^ est-ce qu'il faut prendre garde à cela?
AGATHE ET JULIEN, bas Van k l'autre..
Des perroquets!