SCENE L
FRANÇOIS, a'abord »eal , «BSttito MADAME DAILLY. •
D'après mon calcul, il n'y a pas encore quinze jours que monsieur est dans sa belle humeur, ainsi nous avons quinze jours au moins à respirer. C'est réglé; un bon mois, un mauvais mois. Le singulier homme ! Sans être méchant , quand une fois il est dans ses lubies, il n'y a plus moyen de le contenter; il gronde sur tout. Gronder, ce ne serait rien encore ; mais,c'est sa taquinerie qui est insupportable. Je ne sais pas où il va chercher les inventions qu'il a. Tantôt il me chassera de sa chambre , par exemple , en disant que je sens le vin, le seul jour peut-être où je n'en aurai pas bu; tantôt il prétendra que je porte son linge , parce que ça m'est arrivé deux ou trois fois... Ce sont des bizarreries qui n'ont pas le sens commun. Enfin, je vais profiter de ce qu'il est dans sa bonne lune pour lui demander la permission d'aller voir mon frère. C'est aujourd'hui dimanche; ils dînent tous les dimanches chez le père de madame ; ils n'auront pas besoin de moi... ainsi...
400 L'HUHOEISTE.
MADAME DAILLY
Fi*ançois , est-ce que Victoire est déjà sortie?
FBANÇOIS.
Oui y madame.
MADAME DAILLY
Vous n'auriez pas vu , par hasard , des dentelles à moi en frottant ce matin dans ma chambre ?
FRANÇOIS
Pardonnez-imoi , madame.
MADAME DAILLY
OÙ sont-elles ?
Dans le cabinet de monsieur , sur son bureau.
MADAME DAILLY
Pourquoi ne les avez-vous pas rapportées chez moi?
FRANÇOIS
Parce que monsieur ne Ta pas voulu.
MADAME DAILLY
Comment! monsieur ne Ta pas voulu ?
FRANÇOIS
Non 9 madame.
BiADAME DAILLY.
Et par quelle raison ?
FRANÇOIS
Il prétend que ce sont ses dentelles de mariage , et qu'elles n'appartiennent pas à madame.
MADAME DAILLY se détourne pour rire.
C'est bon. (Fran^ou «on.) Cette prétention de propriété