SCENE Vm
M. DAILLY
Vous voyez que vou& ne voyez rien du tout.
LB CHEVALIEB.
De la discrétion! c'est donc quelque chose de sérieux? ^
M. DAILLY
Si vous voulez attendre un instant, vous veiTez la réponse de Saint-Eugène. '
LE CHEVALIER
Attendre ! impossible , mon cher Dailly ; ces dames ne voulaient pas même que je fisse arrêter la voiture.
M. DAILLY
Avec qui êtes-vous donc ? •
LE CHEVALIER
Avec ma femme, ma sœur et la jolie madame Félix.
M. DAILLY
Madame Félix est avec vous ?
LE CHEVALIER
Sans doute, et plus belle aujourd'hui que vous ne l'avez jamais vue.
M. DAILLY
J'ai bien envie de planter là Saint-Eugène.
LE CHEVALIER y avec ironie.
Vous ne le pouvez pas ; après tous les sacrifices que vous lui avez déjà faits, l'abandonner serait un crime. (En riant.) L'idée de me £aire croire quil , attend Saint-Eugène est excellente. Adieu, adieu.
M. DÀILLY , le retenaot.
Mais écoùtess donc . •
' hy. CHEVALIER.
N'ayez pas peur, je ne vous trahirai paâ.
(Il sort.)
SGE1VE IX.
M. DAILLY, seul d'abord , ensuite FRANÇOIS.
4 M. DAILLY
Si ce n'est pas un fait exprès ! J'avais bien besoin d'écrire à ce Saint-Eugène ? Ef cet imbécile de Villefosse aussi , de quoi s'avise-t-il de monter ? Il ne pouvait pas continuer son chemin sans "venir me mettre Feau à la bouche. Sans le maudit dîner de monsieur de Sarmoise , je n'aurais pas refuse cette partie-là ce matin, (a François qui rentre.) Eh bien , monsicur de Saint- Eugène viendra-t-il ?
FRANÇOIS
Monsieur, il est allé dîner à Versailles; maison m'a bien promis de lui remettre votre lettre demain aussitôt qu'il arrivera.
M. PAII.LY.
Diaer! dîner! je n'entends parler que de dîner, les uns chez leur mère , les autres à Sceaux , les autres à Versailles. C'est donc bien difficile de rester chez soi! (a François.) Margucritc, à coup sûr, est sortie aussi ?
fiCBNB IX. Ut^
FHàifçoia
Ah ! monsieur , elle a décampé dès onze heures du matin. Comme elle sait qu iL n'y a pas de cuisine le dimanche y elle est aljée dîiîer avec sa mère atix Incurables.
M. DAILLY , avec emporleoient.
Encore dîner! Je vous défends de parler de dîner... Qu'est-oe que vous savez faire en cuisine ?
FRANÇOIS
'En^uisijie?
M. DAItLY.
Oui, en* cuisine.
FRANÇOIS
pame , monsieur...
M. DAILLY
Répondez donc.
FRANÇOIS
Je n'ai jamais fait la cuisine..
M. DAILLY
On sait toujours faire quelque chose.
Ma foi! monsieur, excepté des omelettes...
M. DA1L]^Y
Vous savez dooc faire des omelettes ?
FRANÇOIS
Je crois bien que oui.
M. DAILLY
Eh bien , faites-m'en une.
FRANÇfalS.
Est-ce pour le dî...'(ii reprend.) Est-ce pour le repas . de monsieur ?
m DÂILtSY.
Oui.
FRANÇOIS
Si monsieur permettait, j'irais chencher quelque chose chez le* traiteur.
M. DAILLY
Je vous dis de me faire une omelette.
FRANÇOIS
Monsieur la veut-il à Tognon ou aux fines herbes?
M. DAILLY
A l'ognon! Qui est-ce qui mange de Tomelette à l'ognon? Faites-la aux fines herbes. Vous mettrez sur la table du vin de Clôs-Vougeot , des anchois, des cornichons, du beurre et des radis; vous me ferez aussi une salade un peu forte.
FRANÇOIS
Si monsieur voulait m'écrire tout cela.
M, DAILLY
Allez-vous-en au diable.
FRANÇOIS , à part , éa s'en allant.
Quelle lune! je ne lui en ai jamais vu de pareille.