SCENE VI. 8S
MADAME MAIKET.
Monsieur, je vais^ vous le dire aussitôt que j'aurai achevé ce jabo't.
M. DUGASTEL.
Je n'ai pas le temps d'attendre. Voilà une pièce d'or; faites- moi le plaisir, de vous payer.
Mais 9 morïsiettr, c'est l'affaire de quelques minutes.
M. DUCASTBL.
Je n'ai pas une seconde à perdre. Je vais faire mettre les chevaux à ma chaise de poste.
MADAME MAIRET
Monsieur ne va pas quitter la ville ?
M. DtJCASTEL.
Tout de suite. Voulez-vous me rendre sur la pièce que vous airez devant vous ?
MADAME MMRET.
Et vos jabots? .' •
M. DUCASTEL.
Je les ferai pretidre plus tard. Finissons , de grâce , madame.
MADAME MAIRET
Puisque vous lé voulez absolument, voilà ce qui vous revient; mais je suis vraiment désolée...
M. DtJCASTEL , donnant une pibce d'argent.
Vous aurez la bonté de donner cela poui^moi à vos demoiselles. Madame , je suis votre serviteur.
(Il sort.)
MADAME MAimST.
Du moins c'est ce qu'il nous a çlit.
M. FILLARS.
Il y a quelque chose là-dessous. Est-ce qu'il est yem quelqu'un lui parler ?
SOPHIE
Personne. U n'est venu que mademoiselle de Mussy qui n'a seulement pas pris garde à lui, mais qui, en réconxpense, nous a fait un sabbat d'enfer à propos d'une robe et d'un chapeau qu'elle nous avait commandés pour demain.
M. FUiLARS , se frappant le front.
Et ce monsieur était là? Et il a tout entendu? Ah! que je suis imbécile ! c'est cela. Mais où diable aller deviner que M. Ducastel soit venu de soixante lieues pour épouser mademoiselle de Mussy ?
SOPHIE
Je ne m'étais pas trompée.
M. FILLARS.
Cela s'explique pourtant. L'abbé de Montègre fait depuis trente ans le boston de madame de Mussy; il voit toujours Adélaïde comme une enfant; il aura trouvé que ce mariage était très-sortaMe. (Unt.) Ah! ah ! ah ! ah ! Par où vais-je commencer mes visites de ce soir? Il Êiut que j'aille au moins dans ^ngt maisons. Elle a donc bien fait le démon.?
* SOPHIE
Demandez à madame.
M. FJLLARS.
Je m'en rapporte bien à vous. C'est à mon compte