‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 80 sur 249 · SCÈNE It · texte numérisé non relu

SCÈNE It

MARIE

Mon Dieu oui , monsieur ; et elle est si bonne qu'elle m'a fait venir exprès pour me dire cela.

M. DORFEUn..

Et comment te l'a-t-elle dit?

MARIE, grossissant sa voix.

Marie, vous vous arrangerais comme vous voudrais, mais je ne veux pas de bal ce soir.

M. DORFEUIL

En effet, c'est d'une grande bonté. T'a-t-elle dit pourquoi au moins ?

MARIE

Elle craint que cela ne fasse trop de mouvement.

MADAME DERZILLY.

C'était moi qui avais obtenu ce bal; j'en fais mon afEstire. Le temps est beau , vous pourrez danser autre part ; et , pourvu qu'on danse , tu seras contente.

MARIE

C'est pas tant la danse qui me tient, que d'être obligée de renvoyer tout ce monde qui va venir.

MADAME DERZILLY.

Console-toi , ma pauvre Marie ; il y a moyen d!arranger cela.

MARIE

Madame , vous êtes bien honnête; mais c'est que je crains que madame ne m'en veuille de vous avoir parlé. Ça n'a qu'à lui donner sa révolution.

M. DORFEUIL

Tu sais donc aussi ce qlie c'est qu'une révolution, toi ?

174 UIVE DÉVOLUTION.

MARIE

Kon j monsieur.

M. DORFEUIL

Qu'est-ce que tu dis donc?

MARIE. I

Je dis ce qu'on dit.

M. DORFEUIL

Qu'est-ce que tu crois que c'est ?

MARIE

Ma fine ! faut que ce soit queuque chose de ben laid/ pisque ça fait tant de peur à monsieur.

MADAME DERZILLY.

Va, Marie, va, mon enfant; laisse-moi Éaire.

MARIE

Merci, madame.

(Elle sort.)

Page 1