SCENE ï
JUSTIN
Cela me surprend. Mon oncle ne fait ordinairement d'affaires qu'avec des gens sûrs.
ERNEST
Qui est-ce qui est sûr à présent ?
JUSTIN
Il y a du malentendu. Est-ce là tout?
ERNEST
Oh ! bien oui. En quittant les huissiers , il m'a fallu aller chez une de vos parentes, madame Duriffey. Je m'étais engagé hier au soir avec ta tante , ma belle-mère , à faire auprès de cette madame Duriffey toutes les soumissions capables de la fléchir. Elle ne voulait pas venir à notre noce, sous prétexte qu'on n'avait pas rempli à son égard je ne sais quelles formalités. J'ai été obligé de batailler là-dessus sans y rien comprendre, et avec d'autant plus de difficulté, que, le mari de la dame venant d'obtenir une place qu'elle dit fort honorable , il n'y avait pas moyen d'élever mes respects au point où elle se croit en droit de les exiger. Elle a contre vous autres une liste de griefs qui datent du temps du déluge, et qui sont les plus ennuyeux du monde. J'ai tout écouté, tout approuvé; si bien qu'elle a fini par m'offrir sa protection, que j'ai acceptée bien vite pour en finir, et nous pouvons espérei,
qu'à ma considération, elle voudra bien paraître un instant ce soir au bal.