SCENE V
MADAME DE COEURY.
Moi, je l'aime assez.
MADAME DE LA RABATTERIE
Qu'est-ce que vous faites à ce mariage ?
MADAME DE CCffiURY.
Je compte donner une petite dot.
MADAME DE LA RABATTERIE
Il me semble que vous allez un peu vite , ma chère dame. Je ne sais pas comment on fait les mariages à Paris ; mais , en province , on y regarde à deux fois. C'est une affaire très-importante.
MADAME DE CŒURT.
Pour des gens comme cela?
Pour des gens comme cela plus que pour d'autres. On s'informe s'ils n'ont pas quelques défauts, s'ils sont dans le cas de donner une bonne éducation à leurs enfans.
MADAME DE COEURY.
En effet, on a raison.
MADAME DE LA RABATTERIE
Très-grandement raison. L'essentiel n'est pas de faire des mariages , mais de bons mariages. Sait-on si ce Francise n'est pas un ivrogne; si la petite fille n'est pas une coquette ?
aao LES DOTS.
MADAME DE CCffiURY.
Le Docteur ne s'y intéresserait pas.
MADAME DE LA RABATTERIE
Le Docteur! cela est bien égal au Docteur, Tous ces médecins des eaux cherchent à établir leur patronage aux dépens de qui ils peuvent. Vous ne reviendrez peut-être plus ici, et, grâces à vous pourtant, le Docteur va passer pour le généreux protecteur de ces jeunes gens. ^
MADAME DE COEURY.
Que faut-il donc que je fasse ?
MADAME DE LA RABATTERIE
Je ne vous engage pas à retirer votre promesse; je ne dis même pas que je n'entrerai pour rien là-dedans ; mais prenons notre temps ; voyons , examinons.
MADAME DE CCffiURY.
Je ne suis guère bonne pour examiner.
MADAME DE LA RABATTERIE
Je m'en charge , moi.
MADAME DE COEÙRY.
A la bonne heure.
MADAME DE LA RABATTERIE
Et je puis vous répondre que le bien que nous ferons sera bien fait, ou que nous ne nous en mêlerons pas.