SCENE VIII
FRANCISC f d'un ton d'abattement.
Il est chen tille !
PERRINE
Qu'est-ce que je vous disais , Francise ?
FRANCISC.
Il est chentille ! et les foilà partis.
PERRINE
Cela ne me surprend pas. Vous ne connaissez rien à tous ces étrangers qui viennent ici dans la saison des eaux. Au commencement, tout les enchante : le pays, le changement, les nouvelles connaissances, à qui on se donne pour ce qu'on veut, l'étonnement de trouver si loin des gens qui ne sont pas toiit-à-fait des Iroquois. Il n'y en a pas un qui ne croie , en arrivant , qu'il ne passerait ici fort agréablement le reste de sa vie ; mais l'ennui qui les y a amenés les y reprend bientôt, et alors tout leur devient insipide comme chez eux.
Vous parlez si vite, je comprends pas.
PERRINE
Cette dame, qui voulait tantôt faire notre mariage à elle toute seule , elle n'a peut-être pas le sou.
* FRANCISC.
Oh! il a le sou; monsieur la Docteur il lui parle avec trop de respect. uMîn'ihF*).'
III i5
a '^6 LES DOTS.
PERRINE
Eh bien, c'est que sa fantaisie est déjà passée.
FRANCISC.
Qu'est-ce que c'est que son fantaisie? je sais pas cela ? .7
PERRINE
Son fantaisie^ c'était une envie de s'occuper à quelque chose, et qui s'est passée aussi vite qu'elle lui était venue.
FRANCISC.
Je fondrais être Français pour pien entendre.
PERRINE
Imaginez-vous que la maladie qui amène aux eaux, c'est le désoeuvrement.
FRANCISC.
Désœuvrement ! qu'est-ce que c'est ?
C'est de n'avoir rien à faire.
^,';r FRANCISC
lis viennent tonc ici pour troufer de l'oufrache ?
PERRINE , riant.
Oui.
FRANCISC, riant.
Ah! ah! ah! ah! Moi je croyais ils fenaient seulement pour boire et pour se paigner.