SCENE XI
M. MOUTONNET
Et comment vous mettez - vous donc lorsque vous êtes parée ?
MADEMOISELLE ZlÉPHIRINE.
Comme les muses , monsieur Moutonnet , comme les muses ; sans fichu , le dos , les bras
et ceci (montrant sa poitrine) à décOUVert. M. MOUTONNET.
N'allez pas faire de ces plaisanteries-là quand vous serez chez nous , dà.
MADEMOISELLE ZJÉPHIRIWE.
Plaisanteries! Vous 'êtes un plaisant visage, vous-mérae. Ne craignez rien, monsieur Moutonnet , je ne ferai chez vous ni de ces plaisanteries-là , ni d'autres.
M. MOUTONNET
Diable ! c'est que nos Champenois sont si bétes, qu'ils vous regarderaient comme un carême-prenant.
MADEMOISELLE ZÉPHIRINE
Carême - prenant ! carême - prenant ! celui - là est inouï.
M. MOUTONNET
Résumons- nous. Je vous ai annoncée dans mon endroit comme une personne capable de renouveler l'esprit de la génération ; qn vous y attend sur ce pied-là ; vous serez comme la mai-
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tresse d'école du pays; vous leur montrerez à faire des vers , des amphigouris , des charades , des almanachs de Mathieu Laensberg, £^^n que nous ne tirions plus les nôtres de Liège.
MADEMOISF.LLE ZÉPHIRINE.
Je leur montrerai à envoyer promener des imbéciles comme vous.
M. MOUTONNET
Eh bien ! à la bonne heure ; tout ce que vous voudrez , pourvu que vous ne leur montriez pas ce que vous venez de me montrer.
*( Il indique la poitrine . ) MADEMOISELLE ZÉPHIRINE.
Avez-vous fini, monsieur? Y a-t-il assez longtemps que vous abusez de ma patience?
M. MOUTONNET
Vous voulez en venir au fait; vous êtes pressée la commère, (il rit.) Ha! ha! ha! Je vous vois d'ici , vous voudriez déjà être madame Moutonnet... ça viendra, ça viendra, (il Ht.) Ha! ha! ha! comme elle me regarde! On voit qu'anciennement l'amour a passé par là; il y en a encore quelques traces.
MADEMOISELLE ZÉPHIRINE, en fureur.
Georget ! Georget ! Georget !