SCÈNE XIV. 3i
recommencer.... Mais je suis veuve ; et quoique j'aie trois enfans, ce qui est une grande charge, je ris et je chante à présent depuis le matin jusqu'au soir.
ERNEST, à part.
Quelle peste que cette femme-là ?
LA MÈRE TOPIE, présentant un bouquet à Aglaé.
Madame la mariée prenez donc ce bouquet.
AGLA.É
Volontiers.
LA MÈRE TOPIE.
Je vais offrir celui-ci à madame votre soeur.
MADAME VIÉTOF, prenant un bouquet.
C'est une bonne créature.
ERNEST , donnant de l'argent à la mère Topie.
Vous devez être contente.
LA MÈRE TOPIE.
En conscience, mon bon monsieur, je vous le demande. Un mariage aussi riche; un mariage de finance; un hôtel à la chaussée d'Antin . . . . Vous ne donnez pas plus qu'au faubourg Saint-Germain.
ERNEST, lui 'lonnnnt cncoro de l'argonl.
Il n'y a pas moyen de s'en débai*rasser.
LA MÈRE TOPIE.
Vrai, ce n'est pas pour moi; mais quand on a trois enfans Vous saurez ce que c'est.
ERNEST. J::.y . Vi
Faudra-t-il vous mettre à la porte?
LA MÈRE TOPIE.
Le plus beau jour de la vie , comment peuton être aussi rude au pauvre monde? Quel
joli couple cela va faire!... Il y a des gens qui ont tout, jeunesse, beauté, fortune.... Il ne vous manque plus que du malheur.
MADAME VIÉTOF.
Adieu , adieu , bonne femme.
LA MÈRE TOPIE.
Adieu, mesdames. Adieu, mon beau monsieur. Je VOUS demande bien pardon de vous avoir étourdis ; mais , un jour de noce , ça ne fait quelquefois pas mal.
( Elle sort en chantant. )