HIPPOLYTE, SAINT-LÉGER
SAIJVT-LÉGER , des pistolets à la main.
Hippolyte, VOUS voyez que je suis de parole, et que je n'ai pas oublié nos arrangemens.
HIPPOLYTE
C'est fort bien.
Mais, comme aujourd'hui tout doit être bizarre entre nous , nous allons nous battre absolument sans sujet ; car il.se trouve à présent que je partage entièrement vos opinions. Ne croyez pas au moins que ce soit un subterfuge; nouR nous battrons, c'est convenu; mais il est possible que je perde la vie , et je serais désolé que vous conservassiez l'idée que je meurs aussi endiablé des gens qui nous mènent, que je vous
3>5a LE DUEL.
l'avais paru tantôt. C'est que ce n'est plus cela du tout. Vous êtes étonné ; la raison en est toute simple : ils m'ont destitué.
HIPPOLYTE
Depuis quand?
SAIWT-LIÉGER. ♦
Pendant le temps que je perdais à les défendre ici. Cela m'a porté malheur.
HIPPOLYTE
C'est bien prompt.
SAINT-LÉGER
Il paraît qu'il en était question depuis plusieurs jours, s'il faut en croire la lettre que j'ai reçue.
HIPPOLYTE
Vous n'avez pas quelque espoir?
SAINT-LEGER, montrant les pistolets.
Voilà le seul qui me reste. Mon cher Hippolyte, nous ne sommes pas tellement ennemis que vous ne preniez bien encore quelque peu d'intérêt à moi. Eh bien, la vérité est que je ne sais ce que je vais devenir. Ah! qu'on fait de mal à la France avec ces déplacemeiis continuels ! .Tous ces messieurs à qui rien ne coûte pour se conserver dans leur position, devraient faire quelquefois réflexion à celles qu'ils dérangent si facilement. Une solliciteuse plus ennuyeuse