‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 210 sur 240 · HÉLÈNE , MARINE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE , MARINE

MARINE

Vraiment , mademoiselle , depuis hier je ne vous reconnais plus. A quoi ressemble-t-il donc de vous désoler comme vous le faites , parce que votre mariage avec monsieur Maurice sera peutêtre retardé de quelques mois? Il faut savoir prendre son mal en patience. Vous n'avez que dix-huit ans. Eh! mon Dieu, qu'est-ce donc que je dirai , moi , qui en ai vingt-cinq , et qui suis encore fille ?

HÉLÈNE

Oh! mais toi, Marine, c'est différent.

MARINE

3e vous prie de croire, mademoiselle, qu'il n'y a pas de différence du tout. Si c'est à cause de ce gros lourdaud de Flamand qui vient me

voir quelquefois que vous parlez ainsi, vous avez tort*

HÉLÈNE

Je n'y pensais seulement pas. Mais dis-moi, toi qui es dans la confidence de ma tante, croistu qu'elle soit un peu apaisée sur le compte de monsieur Maurice.

MARINÉ

Apaisée en moins de vingt-quatre heures! Donnez-lui donc le temps.

HÉLÈNE

Avoue, Marirte, que je suis bien malheureuse de n'avoir pour toute parente qu'une grand'tante du caractère de madame Severin.

MA.RINE.

Si ce n'est qu elle est entêtée , méchante et sotte, je la trouve à peu près comme tout le monde.

HÉLÈNE

Rompre un mariage pour si peu de chose!

MARINE

On ne peut pas dire qu'il y ait de ma faute. Que de fois n'ai-je pas répété à monsieur Maurice : « Monsieur, n'amenez donc jamais votre gros chien ici; il cherche toujours noise à Cadichon, et vous verrez qu'un jour il arrivera quelque malheur. » Ça n'a pas manqué.

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