‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 229 sur 240 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

me sert à rassembler les passans, j'avais à ma disposition, comme tant d'autres, et les jour naux pour me vanter, et les coteries pour me soutenir, je serais un grand homme. C'est alors que je pourrais ne plus me piquer de bonne foi; que je pourrais tromper tout à mon aise ; mes drogues seraient reçues avec le plus profond respect. Mais je suis un charlatan ; je n'ai ni un bel hôtel, ni un magnifique équipage, il faut que je sois habile.

MàDAME SEVERIN.

Que n'étes-vous dans un poste éminent ? vous nous feriez du moins voir du nouveau ; car, moi qui ne suis pas bien fine, je devine à présent plus de la moitié des choses que l'on veut faire. Ce sont toujours les anciens tours de passepasse; on n'invente rien. Je voudrais un peu plus de magie.

EDOUARD

Je vous crois sans peine.

MADAME SEVERINi ^

Serait-il donc si difficile de contenter tout le monde ? moi , par exemple , qu'on affecte d'oublier entièrement. Telle que vous me voyez, quoique madame Severin aujourd'hui, je suis Kerabour de mon nom; et dès le temps de la première croisade ...

. ÉDOVARD.

Vous teniez beaucoup à votre chien ?

MADAME SEVERIW , avec sentiment.

C'était le seul ami de mon dernier époux,

EDOUARD

De quelle espèce est-il ?

MADAME SE VERIN.

C'est de l'espèce qu'on appelle gros barbet; n'est-il pas vrai , Marine?

EDOUARD

Je dois vous prévenir que je ne vous le rendrai peut-être pas absolument de la même espèce.

MADAME SEVERIW.

N'importe.

ÉDOUARD

Cela vous est égal.

MADAME SEVERIN

Entièrement égal.

EDOUARD

C'est beaucoup pour moi. Comme je serai obligé de le faire bouillir trois quarts d'heure...

MADAME SEVERIN

Bouillir !

Oui. Vous pensez que cela peut produire en lui quelque révolution.

Page 1