‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 236 sur 240 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

MADAME SEVEHIUr, d'im ton patelin.

Dans tout cela , vous ne me rendez qu'un chien.

EDOUARD

Auquel vous teniez beaucoup.

MADAME SEVERJW.

Par respect pour la mémoire de mon mari... car pour le reste...

EDOUARD

Madame, madame, je crois reconnaître le langage de ma sultane.

MADAME SEVERIN , du ton le plus doncereux.

Pardonnez-nK)i. Vous me dites que je tenais beaucoup à ce chien , et je vous explique pourquoi j'y tenais.

EDOUARD

Cependant vous avez rompu un mariage au sujet de son accident.

MAOAIVIE SEVERIN.

levais vous parler franchement, monsieur: je suis une pauvre veuve sans défense ; je n'ai autour de moi que des mercenaires qui cesseraient bientôt de me respecter, si , de temps en temps, je ne faisais quelque exemple.

EDOUARD

Mademoiselle votre nièce n'a rien à démêler là-dedans. J'ai bien voulu feindre de prendre le

change sur Marine; mais alors que je laccusais d'avoir rompu un mariage , mes cartes , mes terribles cartes, m'avaient déjà appris la vérité. Craignez que je ne les consulte encore , et que , mes esprits s'animant par degrés, je ne laisse dans cette maison un témoignage effrayant du pouvoir que je possède.

MADAME SEVERIN

Ne nous échauffons pas , mon très-cher monsieur.

EDOUARD

Vous avez vu ma bonne foi ; je n'ai pas fait difficulté d'opérer devant vous. Loin de chercher à vous jeter de la poudre aux yeux, je vous ai admise de moitié dans mon travail. Mes réchauds , ma boîte , mes cartes , ma baguette , sont encore sur cette table ; vous pouvez y toucher .

MADAME SEVERIN

Le Ciel m'en préserve !

EDOUARD

Osez dire que j'ai cherché à vous tromper.

MADAME SEVERIN

Je n'en ai pas la pensée.

EDOUARD

Que me donnerez-vous donc alors ?

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