SCENE IL
jamais pu se confondre ; la vôtre leur est tout-àfait inconnue; je ne vois donc que des violons qui puissent mettre une apparence d'harmonie dans tout cela.
Je ne conçois rien à ce changement; c'était la chose la mieux convenue.... Je vais avertir Aglaé.
( Il s'approche d'une porte. ) AglaC !
UNE voix , du dedans.
Qui est là?
ERNEST
C'est moi.
LA VOIX
Attendez.
ERNEST , toujours à la porte.
Je voulais vous prévenir que j'étais obligé d'aller quelque part, et vous demander....
LA. VOIX
(j'est bon.
ERNEST, revenant sur le bord du théâtre avec un peu d'humeur.
Il est pourtant désagréable qu'elle ne veuille pas m'écouter.
M. VIÉTOF.
Chut, ne faites donc pas déjà le mari.
JUSTIN
Je vais essayer, moi. (il s'approche de la porte ) Ma Cousine.
LA VOIX
C'est vous , Justin. Soyez tranquille , nous nous sommes occupées de vous.
ERNEST, avec une humeur plus marquée.
Vous m'avouerez qu'elle pourrait bien me répondre aussi. Ce que je veux lui demander est assez essentiel.
M. VIETOF.
Eh bien, demandez-le-lui , mais avec douceur et précaution.
ERNEST , retournant à la porte.
Ma chère Aglaé , croyez-vous que je puisse sortir pour un quart d'heure ?.... Elle ne répond pas.... Je ne veux aller que chez Grignon.... Le
plus profond silence. ( H fait les signes d'une impatience très-marqu>ie , et, se rapprochant âe la porte , il dit d'une voix
émue qu'il tâche d'adoucir.) Ma bonuc amie, je ne vous demande qu'un mot. Puis-je sortir un quart d'heure ?
M. VIÉTOF.
Ma foi , sortez toujours. Il faudra bien qu'elle vous attende.
ERNEST
Je ne conçois rien à cette obstination.
M. VIÉTOF.
Il n'y a pas d'obstination. Elle est tellement occupée qu'il serait très-possible qu'elle ne pensât pas à VOUS.