SCÈNE V. i
M. INDÉCIS
Trop bonne , peut-être.
M. JOVIAL
Comment cela ?
M. INDÉCIS
Je n'ai pas été content de l'air de la petite Mengin , quand on lui a annoncé sa grâce.
M. BENIN
Parce qu'elle a ri ?
M. INDÉCIS
Elle avait l'air d'une petite effrontée.
M. BENIN
Elle avait l'air joyeux, cette pauvre enfant.
M. IirDÉCIS.
Ce n'est pas l'air qu'elle devait avoir.
M. JOVIAL
Vouliez-vous qu'elle pleurât ?
M. INDÉCIS
Non; mais quand elle aurait été attendrie, certainement....
M. JOVIAL
Elle ne sait pas encore cela. Qu'elle se fasse reprendre dans deux ou trois ans, vous verrez qu'elle sera plus habile.
M. INDÉCIS
Ce président du jury était si bavard qu'on ne savait pas ce qu'on faisait.
i36 LE JURY.
M. L^VEILLÉ
Qu'est-ce donc qu'il a dit? je n'étais pas trèsattentif, moi.
M. JOVIAL
Monsieur Indécis a l'air d'avoir des regrets.
M. INDÉCIS
Je ne m'en cache pas , l'air de celte petite m'a déplu.
M. BENIN
On n'est pas coupable pour avoir un air plutôt qu'un autre.
M. INDÉCIS
Je m'entends : l'homme d'hier, par exemple , était très-bien ; il s'est évanoui quand on lui a lu son arrêt.
M. BENIN
Un arrêt qui le condamnait !
M. INDÉCIS
Enfin, il n'y avait rien à dire.
M. BENIN
Allez, allez, monsieur, il vaut toujours mieux pour de braves gens , qui n'ont qu'une fois par an une occasion aussi importante de se tromper; il vaut mieux , dis-je , qu'ils pèchent par indulgence que par trop de sévérité. Je sais bien que