LEO]Y
Ma chère Pauline, tu m'embarrasses beaucoup; je t'aime de tout mon cœur, mais enfin
PAULINE
Vous en épousez une autre ; n'est-ce pas cela que vous voulez dire ?
LIÉON.
Tu n'as jamais pensé à être ma femme.
PAULINE
Monsieur Léon , j'ai déjà pensé à bien des choses.
Dis -moi, mon oncle sera- 1- il long -temps dehors.
PAULINE
II a son habit de l'Institut , et quand il sort avec cet habit-là, il rentre toujours fort tard.
LÉON
Et ta mère ?
PAULINE
Ma mère est ici près, elle va revenir.
LÉON
J'attends un monsieur.
PAULINE
Un monsieur de Montpellier ?
LÉON
Oui.
i44 TOUS LES COMÉDIENS, etc.
PAULINE
Celui qui a écrit la lettre, peut-être?
LÉON. **"^* *^'
C'est vrai.
PAULINE. -nn-': r
Votre beau-père futur ?
Tu devines on ne peut mieux.
PAULINE
Vous serez venus ensemble pour mieux décider monsieur.
LÉON
^, Tu es vraiment gentille.
PAULINE
Voilà un beau-père bien pressé.
» LÉON
Écoute donc, on ne trouve pas tous les jours des gendres comme moi.
PAULINE
Pouvez-vous badiner ainsi ? Pauvre Pauline !
LÉON
Tu m'affliges , mon enfant. Jamais je ne t'ai dit un mot qui pût te faire la moindre illusion.
PAULINE
Vous n'avez guère de mémoire. Qu'est-ce que je devais donc croire quand vous m'appeliez votre petite femme ?
>i3 SCENE I. 145
LÉON
Nous étions des enfans.
PAULTKE.
Pas si enfans , monsieur. Je vous entends encore me dire que j'étais la plus jolie fille du monde ; les enfans ne disent pas de ces choses-là.
■''•'''"' LÉON
Je le répéterai encore.
PAULINE
Oh ! que non , je suis changée.
LÉON
En bien.
PAULINE
Que les hommes sont trompeurs !
LÉON
Pauvre petite!
PAULINE
Allons, allons, voilà qui est fini ; je croyais être aimée , je ne le suis pas ; c'est à moi à savoir cacher mon chagrin .
LEON , avec chaleur.
Mais je t'aime beaucoup.
PAULINE , le regardant tendrement.
Comme vous avez dit cela, monsieur Léon !
LÉON
C'est la vérité .