‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 87 sur 240 · LEO]Y · texte numérisé non relu

LEO]Y

Ma chère Pauline, tu m'embarrasses beaucoup; je t'aime de tout mon cœur, mais enfin

PAULINE

Vous en épousez une autre ; n'est-ce pas cela que vous voulez dire ?

LIÉON.

Tu n'as jamais pensé à être ma femme.

PAULINE

Monsieur Léon , j'ai déjà pensé à bien des choses.

Dis -moi, mon oncle sera- 1- il long -temps dehors.

PAULINE

II a son habit de l'Institut , et quand il sort avec cet habit-là, il rentre toujours fort tard.

LÉON

Et ta mère ?

PAULINE

Ma mère est ici près, elle va revenir.

LÉON

J'attends un monsieur.

PAULINE

Un monsieur de Montpellier ?

LÉON

Oui.

i44 TOUS LES COMÉDIENS, etc.

PAULINE

Celui qui a écrit la lettre, peut-être?

LÉON. **"^* *^'

C'est vrai.

PAULINE. -nn-': r

Votre beau-père futur ?

Tu devines on ne peut mieux.

PAULINE

Vous serez venus ensemble pour mieux décider monsieur.

LÉON

^, Tu es vraiment gentille.

PAULINE

Voilà un beau-père bien pressé.

» LÉON

Écoute donc, on ne trouve pas tous les jours des gendres comme moi.

PAULINE

Pouvez-vous badiner ainsi ? Pauvre Pauline !

LÉON

Tu m'affliges , mon enfant. Jamais je ne t'ai dit un mot qui pût te faire la moindre illusion.

PAULINE

Vous n'avez guère de mémoire. Qu'est-ce que je devais donc croire quand vous m'appeliez votre petite femme ?

>i3 SCENE I. 145

LÉON

Nous étions des enfans.

PAULTKE.

Pas si enfans , monsieur. Je vous entends encore me dire que j'étais la plus jolie fille du monde ; les enfans ne disent pas de ces choses-là.

■''•'''"' LÉON

Je le répéterai encore.

PAULINE

Oh ! que non , je suis changée.

LÉON

En bien.

PAULINE

Que les hommes sont trompeurs !

LÉON

Pauvre petite!

PAULINE

Allons, allons, voilà qui est fini ; je croyais être aimée , je ne le suis pas ; c'est à moi à savoir cacher mon chagrin .

LEON , avec chaleur.

Mais je t'aime beaucoup.

PAULINE , le regardant tendrement.

Comme vous avez dit cela, monsieur Léon !

LÉON

C'est la vérité .

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