SCENE IX
AGLAÉ
Vous m'avez répété tant de fois que vous ne me trouviez bien qu'en négligé.
ERNEST
Je ne me le rappelle pas.
AGLAÉ
Si vous n'avez pas de bal , je serai bien ridiculement mise. Vous ne savez encore rien sur cette difficulté que l'on vous fait , et dont mon cousin nous a parlé ?
ERNEST
Mon Dieu ! non. Vous n'avez pas voulu me répondre.
AGLAE, à Françoise.
Voyez donc. Il me semble que ceci va mal.
FRANÇOISE , arrangeant un pli à la robe d'Aglaë.
Ce n'est rien , mademoiselle.
AGLAE , se mirant avec complaisance.
Je n'ai jamais eu de robe aUvSsi bien faite. ( A Ernest , avec douceur. ) Qu'est-ce quc VOUS me disiez donc , Ernest ?
ERNEST
Si vous m'eussiez instruit du temps qu'il vous fallait encore...
AGLAÉ , toujours devant sa glace.
Je vous demande bien pardon , Ernest ; mais demandez à Françoise combien nous étions oc-
cujiées quand vous êtes venu nous parler à travers la porte.
FRANÇOISE
Les hommes ne se doutent pas de cela; ils n'ont rien de plus à faire un jour de noce qu'un autre jour. Leur toilette est toujours la même. Mais une demoiselle comme mademoiselle. . .
AGLAÉ
Vous pouvez aller chez le traiteur à présent.
ERNEST
11 n'est plus temps ; le maire vient de nous faire prévenir qu'il nous attendait.