‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 108 sur 232 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

SUZANNE, fixant les yeux sur la table.

Si Madame mangeait un peu.

MADAME DEMBRUN, avec dédain.

De ce qui est là-dessus ? Je ne veux pas déranger les mouches. Pourquoi ne couvrez-vous pas tout cela, Madame ? On fait à présent des cloches qui sont si commodes.

l'hôtesse .

C'est le déjeuner de la diligence qui va arriver.

MADAME DEMBRUN.

Pour des voyageurs de diligence, c'est autre chose. (A Joséphine.) Petite, demandez au domestique un sac de nuit, rouge et vert, qui est dans la voiture. Mangez, monsieur Flamet; déjeunez à votre aise; je vous donnerai tout le temps.

(Elle sort avec Suzanne et l'hôtesse; Joséphine sort d'un autre côté.)

' M. FLAMET, seul.

(Il se promène avec l'air de la plus grande contrariété ; petit à petit il s'apaise, et finit par sourire.)

Il faut prendre mon parti; c'est fait. Qui diable se serait imaginé qu'une femme d'une apparence si tranquille , d'un accueil si gracieux dans un salon , pût être une compagne de voyage si incomix. 1 3

i94 LE VOYAGE.

mode ? Ce qu'il y a de charmant , c'est qu'elle ne

s'en doute pas le moins du monde.

( Jéricho entre. ) JÉRICHO.

Monsieur , le postillon dit bien qu'il faut remonter les soupentes ; ces deux dames sont si lourdes.

M. FLAMET

Vous avez une clef anglaise ; faites-vous aider , et arrangez cela.

JÉRICHO

Est-ce que nous ne déjeunerons pas?

M. FLAMET

Si fait. Ainsi dépêchez-vous.

JÉRICHO

Que Monsieur n'ait pas d'inquiétude. Je meurs de faim.

(Il sort. ) M. FLAMET, tournant autour de la table.

Je ne sais pas si on peut disposer de ce qui est sur cette table. Madame Dembrun a emmené l'hôtesse et sa fille; il n'y a personne à qui parler. Le déjeuner de la diligence a fort bonne mine. (a l'hôtesse, qui entre.) Ah! Madame, je voulais vous demander ce que vous auriez à me donner.

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