SCENE VIII
SIMON, à part.
Madame Tracas !
MADAME BOUVARD
Tenez, baissez le store à moitié de la croisée. Je vais tâcher de mettre tout cela un peu plus en ordre.
SIMON , à part.
Il n'y a jamais que ce qu'elle fait quf soit bien
fait. ( Haut , d'un air patelin , après avoir baissé le store. ) Est-ce
comme cela , Madame ?
MADAME BOUVARD
Pas trop mal. A présent , ouvrez-moi ces rideaux en entier... A merveille. Venez ici à cette heure; prenez ce paravent.... bien.... étendez-le derrière le fauteuil de Son Eminenee... plus que cela, plus que cela. Songez donc que cette porte va s'ouvrir cent fois, et que l'air pourrait arriver jusqu'à monseigneur.... C'est à ravir. Oh ! petit à petit, on finira par faire quelque chose de vous.
SIMON , à part.
Ce ne Sera pas elle toujours. ( Reprenant l'air patelin. )
Madame a-t-elle encore quelque chose à me commander ?
MADAME BOUVARD
Attendez que je récapitule. Le store , les rideaux, le fauteuil, le paravent. Ah! juste ciel! et ix. 2
un coussin sous les pieds que nous oublions ; et un autre pour mettre derrière le dos de Son Éminence !
SIMON , apportant lés deux coussins.
( a part. ) On dirait d'une femme en couches. (Haut. ) Voici l'un , et voici l'autre, madame Bouvard.
( Il va pour sortir. ) MADAME BOUVARD.
Encore un moment , donc. Où allez-vous ? Qui vous a dit que c'était fini? Ne faut-il pas arranger le feu ?... Placez aussi cette bouilloire de façon seulement que l'eau puisse dégourdir. Son Éminence souffre si souvent des dents ! Ah ! c'est un terrible mal !
SIMON , à part
Hum ! bonne comédienne.
MADAME BOUVARD
Par ma foi , je ne vois plus rien , mon petit Simon, et je puis vous rendre votre liberté. Dites, s'il vous plaît, qu'on se dépêche de dresser; monseigneur ne peut tarder à venir.
SIMON
Non , car je crois que je l'entends.
(Il sort. ) MADAME BOUVARD, seule.
Je sais de tes nouvelles , bon capon. Ah ! c'est pour placer ton oncle à l'archevêché que lu fais