SCENE III
M. FLAMET
Encore faudrait-il savoir de quoi il est question.
MADAME DEMBRUN.
Laissez donc , laissez donc , Monsieur ; vous ne le savez que trop.
M. FLAMET
Je veux mourir sur l'heure...
LA LIMONADIÈRE
Quelle patience il faut avoir !
M. FLAMET
Voulez-vous me faire le plaisir de me dire ?...
SUZANNE
Madame en sera malade.
MADAME DEMBRUN.
Vous avez raison , Suzanne. Etre insultée à ce point-là !.
M. FLAMET
Comment donc , insultée ! ( Au roulier. ) Serait - H vrai , Monsieur , que vous eussiez manqué à Ma dame ?
MADAME DEMBRUN.
Monsieur Flamet , vous n'êtes pas un homme si vous ne faites pas arrêter ce drôle-là.
LE ROULIER
Ah çà! mais , Madame , si vous vouliez bien finir. Qu'appelez-vous un drôle?
ix. i5
MADAME DEMBRUN.
Il n'y a pas d'obscénités qu'il n'ait dites et faites devant moi.
LA LIMONADIÈRE , bas à M. Flâmet.
C'est faux, Monsieur, croyez- moi, c'est faux. Maître Aubry est un fermier qui fait des charrois à son temps perdu; mais c'est un homme incapable dé manquer à un chat.
M. FLAMET, de même.
C'est bon , c'est bon. Qu'est-ce que ces dames vous doivent ?
LA LIMONADIÈRE
Mon Dieu! Monsieur, elles ont pris si peu de chose ; ce sera ce que vous voudrez.
Monsieur Flamet , est-ce que par hasard vous demanderiez grâce pour moi ? 11 ne manquerait plus que cela.
M. FLAMET
Du tout, du tout ; je reçois au contraire les excuses de Madame. ( Bas à la limonadière.) Laissez-la dire ; il y a des instans où elle n'a pas toute sa tête.
LA LIMONADIÈRE
Il fallait nous avertir plus tôt. (Auroulier.) C'est une folle.