SCÈNE X
doit être pour tout le monde ; je ne puis pas souffrir chez moi des infractions pareilles.
FRANCELET , tout tremblant.
Si Monseigneur voulait me faire la grâce de m'entendre.
l'archevêque.
Il n'y a pas d'excuse.
LAURENT , bas à Francelet.
Allez toujours , allez toujours. ( Il se met à côté de madame Bouvard , et paraît n'être occupé qu'à faire manger Lolotte.)
Mien , mien , mien.
FRANCELET.
Monseigneur ne sait peut-être pas que j'ai eu les fièvres pendant six semaines. Non , je ne le sais pas.
LAURENT , toujours à genoux auprès de madame Bouvard.
Le pauvre diable a été long-temps entre la vie
et la mort. ( Bas à madame Bouvard. ) Dites donc un mot
aussi. Mien, mien, mien.
MADAME BOUVARD
Monseigneur aime tant son monde qu'on n'a pas osé lui en parler; mais la vérité est que nous avons eu tous bien de l'inquiétude pour Francelet. l'archevêque.
Vous ne l'avez plus, la fièvre?
FRANCELET.
Monseigneur , voilà plus de quinze jours que j'en suis tout à fait quitte.
l'archevêque.
C'est égal, tenez-vous toujours un peu plus loin. Après ; où voulez-vous en venir ?
FRANCELET.
Monseigneur, que le médecin m'avait fait une ordonnance comme quoi je ferais bien de me nourrir de viande autant que je pourrais, pour restaurer les forces.
l'archevêque.
Une ordonnance ne suffît pas ; il fallait prendre une dispense.
LAURENT. i
Il a cru que les gens de Monseigneur étaient dispensés de droit.
l'archevêque.
L'avez-vous cru réellement, Francelet?
FRANCELET , à qui Laurent fait un signe de tête.
Mais , oui , Monseigneur.
l'archevêque.
Je ne vous gronderai pas pour cela ; mais soyez persuadé, mon enfant, que du bon maigre est aussi restaurant que bien d'autres choses. (A madame Bouvard.) La petite mange-t-elle ?