‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 153 sur 232 · SCENE IV ET DERNIERE · texte numérisé non relu

SCENE IV ET DERNIERE

honnête homme qui pense beaucoup à ses intérêts, et que le mien est un honnête homme qui pense beaucoup à son pays.

MADAME DUPUIS

Sans trop oublier ses intérêts cependant.

MADAME FOJNTAVILLE.

C'est tout simple; vous devez croire cela. Dans le juste milieu où vous prétendez vous tenir, vous êtes tellement isolée de tout, que vous ne pouvez juger de rien. Prenez bien garde que je ne vous en veux pas , ma chère Henriette; j'approuve toujours qu'une femme pense comme son mari. Je venais vous demander une invitation pour un réfugié italien qui nous était recommandé , et qui est arrivé ces jours-ci.

MADAME DUPUIS

Un révolutionnaire !

MADAME FONTAVILLE.

Oui, très-révolutionnaire; car il perd 60,000 livres de rentes pour avoir essayé de soustraire son pays à un joug qui était devenu insupportable.

Ils disent tous cela.

MADAME FONTAVILLE.

Personne ne le nierait s'ils avaient réussi. Au surplus, votre ministère y a mis bon ordre.

MADAME DUPUIS

Mon ministère sait beaucoup de choses que nous ne savons pas.

MADAME FONTAVILLE.

S'il pouvait seulement savoir ce que nous savons.

MADAME DUPUIS

D'ailleurs, il faut être de bonne foi; ma chère Mélanie ; voilà assez de commotions. Je veux pouvoir respirer. Je suis jeune ; j'ai de la fortune ; on me trouve quelque agrément; je vous avouerai que tout cela me détourne un peu du goût des révolutions.

MADAME FONTAVILLE^

Qui est-ce qui a le goût des révolutions ? Nous sommes du même âge ; ma fortune est fixe, la votre est d'industrie , ce qui m'empêche de les comparer; je n'ai donc pas plus envie qu'une autre de voir compromettre une pareille position. Malheureusement, on peut le craindre à la manière dont on nous mène.

MADAME DUPUIS

On nous mène au moins aussi bien que les brouillons qui ne s'agitent que pour pouvoir puiser à pleines mains dans le trésor public.

MADAME FONTAVILLE.

Et pensez-vous , ma chère, que vos gens actuels

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