LÉONIDE, MADELEINE
LÉONIDE
Ma bonne , maman m'a chargée de savoir si tu n'avais rien oublié de ce qu'elle t'a recommandé hier pour ma tante.
MADELAINE, avec ironie.
Pour madame votre tante la marquise ?
LÉONIDE , gaiement.
Oui, ma bonne, pour madame la marquise, ma tante.
MADELAINE
Elle a amené deux domestiques et i^ie femme de chambre ; on pourrait croire que cela doit lui suffire pour son service ; mais ce n est qu'un embarras de plus pour nous. La singulière maîtresse et la sotte femme de chambre !
LÉONIDE
Ah ! ma bonne , ma bonne ! maman ne veut pas qu'on parle de ma tante.
MADELAINE
Qu'est-ce que cela prouve ? que Madame pense
comme nous. Madame nous a-t-elle jamais défendu de parler d'elle ?
LÉOTfIDE.
Maman a toujours vécu à la campagne , elle en a tous les goûts ; ma tante , c'est différent. Son premier mari lui a laissé une grande fortune ; le second lui a donné un titre. Isolée maintenant, elle vient nous voir après quinze ans de séparation. Ses habitudes ne sont pas les nôtres ; nous lui devons bien un peu de complaisance.
MADELA.1M5.
Sans doute, si elle voulait avoir la même complaisance pour nos habitudes. En bonne conscience , Mademoiselle , croyez-vous que madame la marquise puisse se plaire à la campagne ?
LÉONIDE
Elle n^i sait rien elle-même. Je crois que c'est un essai qu'elle a voulu faire. Personne , à ce qu'il paraît, ne paftse plus l'été à Paris; la marquise croirait se manquer à elle-même d'y rester. Avant d'acheter une terre, elle a pensé à nous pour faire l'expérience delà vie de campagne. C'est du moins ce que j'ai cru deviner.
Ainsi c'est nous qui devons subir l'expérience.
LÉONIDE
De la patience , ma bonne , de la patience. Outre