‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 165 sur 232 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

pour toute la journée. Veillez à cela, mademoiselle Madelaine.

MADELAINE

Il me faut veiller à tant de choses depuis que vous êtes ici, que, quand je perdrais un peu la tête, il ne faudrait pas m'en vouloir.

DELPHINE

Sans vous en vouloir , madame la marquise serait très- fâchée que son monde ne trouvât pas chez sa sœur tout ce dont nous avons besoin.

MADELAINE

Il me semble que jusqu'ici on ne vous a rien refusé.

DELPHINE

Parce qu'il y a une foule de choses dont on ne vous parle pas; on sait que ce serait inutile. Je n'ai pas de lit de plumes , par exemple.

MADELAINE

Ni moi non plus.

DELPHINE

C'est possible; mais quand on y est accoutumé, c'est une grande privation. J'ai aussi la porte de ma chambre qui bat continuellement , et qui m'empêche de dormir toute la nuit.

MADELAINE

Je dirai au domestique de l'arranger.

3oo LES DEUX SOEURS.

DELPHINE

Ce garçon qui sert si drôlement ?

MADELAINE

Oui.

DELPHINE

Ce n'est pas ce garçon -là qu'il faut ; c'est un serrurier. Au surplus, en parlant de ce garçon , vous lui direz que madame la marquise n'entend pas que ses chevaux soient mis dans la même écurie que les vôtres, et que, s'il n'y a pas d'autre endroit , on ait à les laisser dans la grange où son cocher les a établis.

On doit rentrer du fourrage demain ou aprèsdemain.

DELPHINE

Cela est fort égal à madame la marquise , qui n'a pas envie de perdre des chevaux qui lui ont coûté plus de quatre mille francs. C'est comme son cocher qu'on a été loger je ne sais où. Pourquoi ne pas l'avoir mis dans notre corridor ? On y a bien mis Simon . Un cocher est plus a considérer qu'un valet de pied.

MADELAINE

On l'a logé là pour qu'il fût plus à même de ses chevaux.

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