SCENE IX. 3i
DELPHINE
Dites que c'est un scélérat, Monsieur.
MADELAINE
Notre Pierre un scélérat ! Je m'en vais ; il y a des choses qu'on ne peut pas entendre.
(Elle sort.) MADAME DE GENNETINES.
Je ne m'attendais guère, en venant chez ma sœur, à y voir assassiner mes gens.
DELPHINE
Si Madame voulait aller dans la chambre de Baptiste, ça le tranquilliserait.
MADAME DE GENNETINES.
A-t-il du sang ?
DELPHINE
C'est cent fois pis , Madame ; le dessous de son œil est déjà tout noir.
MADAME DE GENNETINES.
Que voulez-vous que j'y fasse? Cela regarde le chirurgien.
DELPHINE
Madame lui donnerait des paroles de consolation, et les paysans du moins n'oseraient plus se moquer de lui.
Je suis extrêmement nerveuse , monsieur Fernand ; que me conseillez-vous ?
FERNAND
De ne pas vous déranger. Madame votre sœur, qui est si bonne , est auprès de lui.
MADAME DE GENNETINES.
Mais je ne veux pas que vous me croyiez moins bonne que ma sœur. Elle est plus aguerrie que moi, cela ne se donne pas. Ranimez ce feu , Delphine , et vous irez me chercher un châle. Je suis si bouleversée ! ( Elle se regaide dans une glace.) Voyez plutôt , monsieur Fernand , si je n'ai pas l'air d'une morte.
FERNAND
Vous êtes comme à votre ordinaire.
MADAME DE GENNETINES , minaudant.
Voulez-vous dire que j'ai toujours l'air d'une morte ?
FERNAND
Je vous le dirais que vous ne le croiriez pas.
MADAME DE GENNETINES.
Il est certain que je suis trop impressionnable.
DELPHINE
Madame ne viendra donc pas voir Baptiste ?
Il me semblait vous avoir déjà dit que non. (Delphine sort.) Voilà l'inconvénient d'avoir des basses-cours près d'un château : je ne conçois pas cette manie-là. Aussitôt que vous avez une basse-