SCÈNE XIII
MADAME DE GENNETINES.
Une maison où il y a une voiture , un nombre de domestiques suffisant...
FERNAND
2 I S à. Cl A * ' *
C'est comme tout le monde ; rien ne vous distingue.
MADAME DE GENNETINES.
Tout le monde n'a pas voiture.
FERNAND
Tout le monde l'a eue, chacun à son tour. Ce sont les fêtes , les folies , les brillantes assemblées que Vous recevez chez vous qui seules peuvent vous soulever de la foule. Une voiture! qu'est-ce c'est qu'une voiture ? une voiture est commode pour la personne qui l'a ; mais on n'est pas tenu de lui en savoir gré.
MADAME DE GENNETINES.
Je m'étonne qu'il puisse y avoir deux hommes si différens dans le même homme.
FERNAND
Je le crois bien ; je m'en étonne moi-même.
SIMON , apportant le thé.
Le général , qui est dans la salle à manger , demande après monsieur son fils.
FERNAND
Permettez-vous , Madame , que je vous quitte un instant ?
33(i LES DEUX SOEURS.
MADAMIÎ DE GENNETINES.
Tout le temps que vous voudrez , Monsieur.
FERNAND , à part, en riant.
Mes cent mille francs par au ont fait merveilles.
MADAME DE GENNETINES , se parlant à elle-même.
Cent mille francs par an ! Venez donc au milieu des bois pour trouver des jeunes gens qui ne peuvent pas vivre à moins de cent mille francs par an. (A Simon.) Desservez tout cela, et ne laissez que ce qu'il faut pour prendre le thé. Avezvous vu ce général ?
SIMON
Oui , Madame , c'est un gros papa de général qui a, ma foi, bonne mine. Pour brave, il doit l'être, car ses épaulettes sont fièrement grosses.
MADAME DE GENNETINES.
Est-ce qu'il est eu uniforme ?
SIMON
En grande tenue complète , jusqu'au chapeau galonné.
MADAME DE GENNETINES. .
A la bonne heure ! c'est un homme qui sait vivre. Dépêchez , dépêchez , Simon , et vous irez dire à Delphine de m'apporter tout de suite une autre collerette et mon bonnet à rubans bleus. ( Simon va pour sortir. ) Vous lui demanderez aussi mon châle blanc.