DELORME
Vous nous quittez déjà, ma sœur?
MADAME DE GENNETINES.
Oui, ma sœur. Je croyais ne faire qu'une saison aux eaux; mais mon médecin, à qui j'ai écrit l'état de ma santé, m'ordonne impérativement, dans sa lettre de ce matin, de partir tout de suite.
MADAME DELORME
Je ne savais pas que vous dussiez prendre les eaux.
MADAME DE GENNETFNES.
Je ne parle jamais de ces choses-là qu'à la dernière extrémité; aux indifférens, c'est tout simple; et aux personnes qui ont quelque amitié pour moi, dans la crainte de leur causer île l'inquiétude.
MADAME DELORME
Vous n'avez pas d'autre motif pour quitter ma maison ?
MADAME DE GENNETINES.
Quel autre motif pourrais-je avoir, ma sœur? rx. il\
S-jo LES DEUX SOEURS.
Ne m'avez-vous pas comblée de soins et d'attentions de toute espèce? Croyez que j'en suis trèsreconnaissante ; mais vous savez que rien n'est impérieux comme une mauvaise santé.
MADAME DELORME
J'étais loin de penser que vous fussiez malade.
Horriblement, ma sœur. Telle que vous me voyez, je suis si souffrante que je vais me coucher, essayer de dormir; et, comme il serait possible que je ne me levasse demain que pour monter en voiture, et que je pars à cinq heures du matin, dans le cas où je n'aurais pas le plaisir de vous voir, je vous fais mes adieux.
MADAME DELORME
Mais, ma sœur
MADAME DE GENNETINES.
Non , non. Adieu , adieu.
( Elle s'en va. ) SCÈNE XXIV ET DERNIÈRE.
madame DELORME, LÉONIDE et MADE-