‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 9 sur 232 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

SIMON seul. II met le couvert.

Chacun se croit en droit de me commander ici; c'est très-original. Je passe pour être aux ordres de tout le monde ; on me regarde comme le dernier des derniers. Cependant, si je voulais !.. Avec quelque invention que je trouverais , cette grosse maman de femme de charge et ce beau monsieur le valet de chambre seraient bientôt forcés d'aller faire leurs embarras autre part. J'ai commencé par le commencement. C'était le concierge à qui j'en voulais le plus. Sa place convient si joliment à mon oncle ! Il faut d'abord penser à l'essentiel. Pour les autres, leur moment viendra à son tour. Je suis sûr de mon affaire. Monseigneur ne voit que par les yeux du grand-vicaire; le grand-vicaire ne voit que par mes yeux... (il rit. ) On doit le croire sorcier d'être arrivé tout juste au moment que les autres mangeaient leur ragoût. J'ai bien conduit ma barque. Sophie Francelet est trop rechignée. Qu'est-ce que c'est que la fille d'un concierge à qui on ne peut pas faire la moindre plaisanterie ? Ma cousine , à la bonne heure , ça entend tout. Aussi M. le grand-vicaire , dès qu'il l'a vue , n'a

pas pu s'empêcher de dire : « voilà une petite mère qui se porte bien ; » et il riait dans sa barbe. C'est ce qu'il faut. Quel fier service, tout de même , je rends à mon oncle de lui faire avoir cette place ! D'un autre côté, ça me sera avantageux aussi. Il est très-agréable de ne pas avoir à se méfier du concierge ; il voit tout ce qui entre et tout ce qui sort.

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