SCENE m
MADAME DE RUDEjyS, emliarraMee.
Madame....
LA BARONNE
On raconte des merveilles sur madame de Walter.
MADAME DE Rljl}K]!iS.
Vous savez ce que sont des bruits de cour.
LA BARONNE
Vous allez remplacer ma bru,
MADAME DE EUDEN5.
Pas raoL
LA BARONNE
Non; mais uiadiinie votre fille; c\"St la mému chose*
MADAME DE RUDENS.
Kien n'est encore fait.
LA BARONSE.
La princesse y consent, dit-oii, et certes le maigrave ne s'y opposeia pas.
( Elle tourit ^v«c miU». } MADAME DE RîiDENS.
C'est ce que j'ignore.
LA lïARONKE,
Allons donc! Et cette fête qu'il lui fait donner ce soir par le grand-maréchaK
L*ÉVÉQUE
Le grand-maréchal donne une fête ce soir, on ne dît pas le contraire; mais rien ne prouve que ce soit pour madame de Walter, ni sur Tordre du prince*
LA BARONNE
Ah! monseigneur! nu ministre de vérité! pour-
GoogL
<104 LA BTSGRACE.
quoi dissimuler avec moi ? Est-ce parce que je suis la belle-mère de madame de Rosemberg? Je vous assure que de toutes les personnes qui pouvaient la remplacer, madame de Walter était celle que j'aurais choisie moi-même. Que de fois, dans son enfance, ne l'ai-je pas tenue sur mes genoux ! Elle promettait d'être bien jolie, et certes elle a tenu encore plus qu'elle ne promettait. J'étais loin de m'imaginer alors* que j'aurais un jour des affaires d'intérêt à régler avec elle.
MADAME DE RUDENS.
Quelles affaires, s'il vous plait, madame?
LA BARONNE, négligemment.
Oh! rien, absolument rien , une bagatelle. Je veux parler du brevet de retenue que j'ai sur la charge de dame d'honneur de la margrave.
(Madame de Budens regarde l'e'vêque, qui lui fait signe de le laisser parler.) L'ÉVÊQUE.
Vous appelez cela une affaire ?
LA BARONNE
J'ai dit affaire, en plaisantant. Je savais fort bien qu'avec madame de Kudens et madame de Walter il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. Où est-elle donc cette chère petite? Il est pourtant bien vrai que le feu ne va jamais sans fumée ; on ne parle partout que de l'intérêt que lui porte le margrave.
MADAME DE RUDENS.
En vérité, madame, je ne sais pas ce que vous voulez me dire.
LA BARONNE
Je vois des iinbéciles qui s'étonnent; je leur de-
SCËiME III. MS
mande pourquoi* Il est certîiiti que ce sera assez nouveau dans cette cour, liélas; il y ;i quelque quarante ans, il s'en est fallu de bien peu que je ne servisse de premier exemple. Cela n*a tenu à rien.
MADAME Bil HtfDEIÎS,
Madame de Greenschloff, je vous proteste que vous Hie parleriez grec que je ne vous comprendrais pas davantage.
LA lîABONNE.
L'évèque au moins doit se rappeler ce grec-!à. C'est pour moi comme si c'était hier. Feu le margrave était un très-beau cavalier; déjà, depuis longtemps^ ses yeux m'avaient dit tout ce qu'ils pouvaient me dire; les miens, pins réservés, n'avaient trop osé leur répondre; mais les princes ont tant de pénétration! Enfin un jour le hasaril voulut que nous nous trouvassions dans une embrasure de croisée, assez éloignés du reste de la cour pour qu'il pût me parler sans contrainle. Mon cœur battait comme vous TimagineXj celui du margrave à coup sûr n'était pas plus tranquille; nos mains se rencontreuL Quel moment! Un mot, et j'étais**., j'étais Agnès Sorel, Gabrielle d'Estrées, la teadre La Vatlière, madame de Montespan; toute la cour n'attendait que ce mot pour fléchir devant moi; mes yeux le sollicitaient avec la plus vive impatience: a Ah! Greenschloff, Greenscbloff!>î s'écria mou souverain.. - et puis ce fut tout; il s'éloigna; et Greenschloff, Greenschlofï en a été pour ses rêves de gloire, sans avoir jamais pu deviner pourciuoi ils ne s'étaient pas réalisés-
l£Oe LA DIHGRACE,
MADAME BE RUDENfi , au dcmuif^u*.
Qu'est-ce?