SCÈNE lU
MADAME i)£ RUDENS, k sa fiUe.
A présent que nous ne sommes qu'entre nous , mon cher cœur, explique-moi donc un peu tes diamans. La baronne aurait-elle deviné juste? Est-ce qu'en effet le margrave...
MADAME DE WALTER
Quelle curiosité !
MADAME DE RUDENS.
C'est si important à savoir.
L'ÉVÈQUE
A sa place , je ne dirais rien.
MADAME DE WALTER
N'ayez pas d'inquiétude, monseigneur; j'ai fait des réflexions : une dame d'honneur ne doit plus se laisser traiter comme une petite fille.
MADAME DE RUDENS.
Qu'entends-je ? Eh quoi! ma chère enfant, ne suis-je plus ta mère ? Faudra-t-il que je regrette les vœux que j'ai faits pour ton élévation? Ah! si elle devait me faire perdre ton cœur , si elle devait m'enlever ta confiance , je préférerais mille fois l'obscurité
la plus profonde. ( Elle a l'air de tomber dans raccablement. )
LA BARONNE , entrant avec un pot de rouge qu'elle élëve au-dessus de sa tête.
J'apporte de quoi donner le coup de grâce; il ne faut pas qu'on en réchappe. ( a madame de Waiter. ) Voyons, ma toute belle , tendez-moi vos jolies joues.
L'ÉVÊQUE, k madame de Walter.
Voici un fauteuil pour vous asseoir.