MADAME DUMONT, MADEMOISELLE SACHET, M. LEFRANC. MADAME DUMONT
Ces pauvres gens ! Ils doivent être affamés de voir une dame. D'après la réception qu'ils m'ont faite, ils paraissent assez dévoués.
M. LEFRANC
Entièrement.
MADAME UUMONT.
Le village est-il nombreux?
M. LEFRANC
A peu près une soixantaine de familles.
MADAME DUMONT
Pas davantage?
M. LEFRANC
Je ne crois pas.
MADEMOISELLE SACHET
£t tout cela vous appartiendra, madame?
MADAME DUMONT , k M. Lefhinc.
Mademoiselle Sachet s'imagine que c'est un grand bonheur. C'est un grand fardeau.
MADEMOISELLE SACHET
Madame les recevra-t-elle assise ou debout ?
32 LES HONIVEUBë.
mADAME DUMONT.
Assise ! Y pensez-vous y mademoiselle Sachet ?
MADEMOISELLE SACHET
Dame! dans les tragédies, dans les mélodrames , dans les opéras comiques , les princesses, les reines, qui reçoivent le peuple sont toujours assises.
MADAME DUMONT
Taisez-vous donc avec vos princesses de mélodrame. Les princesses de mélodrame ne reçoivent que du peuple de mélodrame. Ici , tout est vrai. Ne faut-il pas que je leur parle à tous , que je m'approche d'eux, que je les apprivoise? Dans des jours comme ceux-ci , il faut se prodiguer.
MADEMOISELLE SACHET
J'admire madame, quand elle n'aurait jamais Êiit autre chose de sa vie.
MADAME DUMONT
Tout VOUS étonne. Je rentre dans ma position naturelle.
M. LEFRANG, regardant du côte de la porte.
Je ne sais pas ce qui les retient.
MADAME DUMONT
Ni moi non plus.
M. LEFRANC
Quelque dispute de préséance peut-être.
MADAME DUMOMT.
Ce serait à mourir de rire.
M. LEFRAlfC.
Il faut que j'en aie le cœur net.
(Il «art.)