‹ Proverbes dramatiquesChapitre 144 sur 255 · SCÈNE YIU · texte numérisé non relu

SCÈNE YIU

MADAMB DE QUERVILLE, madamb DORCT.

MADAME DE QUERVILLE.

Je crois que vous avez une bien fausse opinion de mademoiselle Lefèvre.

MADAME D'ORCY.

Je ne demande pas mieux que de me tromper.

MADAME DE QUERVILLE.

Elle est bien née. Elle a eu des malheurs ; ce n'est pas sa faute.

MADAME D'ORCY.

Toutes les demoiselles de compagnie ont toujours eu des malheurs, si ce n'est que cela,

BIADAME DE QUERVILLE.

Je.dois lui savoir gré des attentions qu'elle a pour moi ; je suis si peu aimable ; j'empire de jour en jour; bientôt il n'y aura plus que vous, ma bonne tante, qui pourrez me supporter.

MADAME D'ORCY.

Et ton mari pourtant. Monsieur de Querville a une tendresse de femme, une persévérance de bonté, d'attentiops, de prévenances que je ne puis pas me lasser d'admirer.

MADAME DE QUERVILLE.

H ne lui manque qu'un peu de mouvement dans l'esprit.

MADAME D'ORGY.

Sois sûre qu'il en aurait s'il te voyait autrement. Tu es langoureuse; quel mouvement veux-tu qu'il se donne? Il craindrait de faire contraste.

MADAME DE QUERVILLE.

Son intention , à ce qu'il paraît ^ est de ne recevoir personne pendant la saison ; si le régiment de votre fils ne vient pas en garnison ici^ nous serons bien seuls.

MADAME D»ORCY.

Tu répètes sans cesse que tu n'aimes pas le inonde.

MADAME DE QUERVILLE.

Mou cousin n'est pas le monde.

MADAME D'ORCy.

Je suis de bonne foi , j'aimerais mieux pour Ernest qu'il allât en Normandie. Il y a une demoiselle de Ponteuil qui est un parti très-sortable , et qu'une de mes amies ne désespérerait pas de lui faire épouser s'il était sur les lieux.

MADAME DE QUERVILLE.

Mon Dieu! ma tante, marier Ernest! Vous ne m'en aviez jamais parlé.

MADAME D'ORCY.

Il faut bien qu'il finisse par-là.

MADAME DE QUERVILLE, soupirant.

Ah ! sans doute.

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