SCÈNE XI
MADAME BË QUËRYILLE, mademoiselle LëFÈVRE.
MADEMOISELLE LEFÈVRE , nn livre k la main.
Vous dormiez , madame ?
MADAME DE QUERVILLE, cherchant k se remettre.
Non, je réfléchissais. Eh bien , ce livre?
MADEMOfSELLE LEFÈVRE.
Je l'ai ouvert au hasard. Autant que j'ai pu voir, l'auteur a la prétention d'être plaisant.
MADAME DE QUERVILLE.
C'est une prétention difficile à soutenir.
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Surtout à la campagne, n'est-ce pas, madame?
MADAME DE QUERVILLE.
Mais j'aime assez la campagne.
MADEMOISELLE LETÈVfiE.
Moi aussi.
S76 L'ENSEIGMEMENT MUTUEL.
MADAME DE QUERYILLE.
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Ah ! je vous comprends bien.
MADAME DE QUERYILLE.
Que comprenez-vous?
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Il faut un peu de société.
Une personne de plus suffit quelquefois.
MADEMOISELLE LEFÈYRE.
Ah ! mon Dieu , souvent il n'en faut pas davantage pour qu'un lieu qui paraissait triste et maussade s'embellisse tout à coup , sans qu'on puisse en deviner la raison.
MADAME DE QUERVILLE, apr^ ane pause.
Voulez-vous essayer do cette lecture?
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Volontiers, madame.
( Elle ouvre le livre. ) MADAME DE QUERVILLE.
Mademoiselle Lefèvre, quelle idée avez-vous de moi?
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Il y a tant de rapport entre nous deux, madame, que je n'oserais pas faire votre éloge.