SCENE XV. tttt
travailleront, cela doit leur suffire. Qu'est-ce qu'ik demandent de plus?
LA MÈRE CHAUVEL
Vingt sous par chaque homme et une demi-bouteille de vin.
MAI^AHE DUMONT.
Mais, bonne femme, je vous répète que c*est pour moi, pour moi.
LA MÈRE CHAUVEL
Parguenne ! la bonne femme n'est pas sourde.
MADAME DUMONT
Eh bien?
LA MÈRE CHAtVEL.
Eh ben ?
MADAME ^UMOjyT.
Je suis leur maîtresse.
LA MÈRE CHAUVEL
Aussi, c'est-i pour ça. Notre ancienne dame leur aurait donné le double.
MADAME DUMONT
Parlez-lui donc, monsieur le baron; moi, j'y renonce.
LA MÈRE CHAUVEL
Vous y renonçais parce que je ne vois que trop que vous avais dans l'idée qu'ils devraient faire toutes vos fantaisies pour rien. Où c'est-il jamais arrivé ? Quand monseigneur est passé à Saint-Martin , il n'a pas payé les politesses qu'on lui a faites, c'est vrai;
mais en arrière , le. prix était convenu , comme ça se fait toujours. Sans ça , est-ce qu'il y a des politesses?
M. DES CONTOURS
En voilà assez, mère ChauveL
LA MÈRE CHAUTEL , ootrtMs d«nU.
Ces dames de Paris....
M. DES CONTOURS
Dites-leur d'aller travailler à la route , et que je m'en charge.
LA MÈRE CHAUVEL
Pardon , monsieur le maire ; mais vous savais qu'il y a des gens pour qui on n'aime à travailler que l'argent à la main.
M. DES CONTOURS
Voulez-vous bien vous taire ! ( a madame Dumont. ) Depuis le morcellement des propriétés , depuis que ces gens-là possèdent, on ne peut plus en jouir. Comme elle le dit, il faut toujours avoir l'argent à la main avec eux.
MADAME DUMONT
Pourquoi les laisse- t-on posséder ? Il faut les forcer à vendre.
En attendant , je vais les forcer à réparer la route.
LA MÈRE CHAUVEL
Ah ben, oui.
M. DES CONTOURS , k U mèra Chauvel,
Sortez. ( A madame Dumont. ) Vous pouvez comptcr sur un bon chemin pour le retour.