SCENE XI. SS
MADEMOISELLE YERDIER.
Monsieur, je n'ai pas assez d'esprit
M. DR AYEL, l'interrompant.
Pour ne dire que des sottises ? C'est la moindre chose que l'esprit, mademoiselle Verdier, quand il ne s'y mêle pas un peu de bon sens.
MADEMOISELLE YERDIER.
Monsieur , je crois que, pour aYoir du bon sens, il ne s'agit pourtant que de réfléchir.
M. DRAYEL.
Et vous réfléchissez quelquefois, yous?
MADEMOISELLE YERDIER.
Continuellement, monsieur; c'est ce qui m'embrouille. Je dois penser que les maîtres en savent plus que nous; que ce qu'ils font, ils ont des motifs pour le faire; presque jamais je ne puis les deviner. Madame est gaie , et la voilà dans les sermons ; elle est généreuse, et elle ne donne qu'à des gens qui n'ont pas besoin.
M. DRAYEL.
C'est à cause de votre petit bonhomme que vous dites cela.
MADEMOISELLE YERDIER.
Oui, monsieur, c'est un peu vrai. Si l'on montrait dans une comédie un pauvre enfant aussi malheureux qu'il l'est , comme il n'en coûterait rien pour s'attendrir, on s'attendrirait. C'est réel , personne ne veut en entendre parler.
Mais on s'étouffe pour assister à un sermon sur la charité.
MADEMOISELLE VERDIER
N'ya-t-il pas de quoi perdre la tête?