SCENE XI
rout j et ils dansent. C'est pour renverser les usages reçus. Ma tête s'embrouille. Qu'il est pénible d'avoir à lutter contre l'effervescence.... N'est-ce pas comme cela qu'on dit ?... Quand il n'y a pas d'étrangers pour soutenir un gouvernement, tout va de travers. Juste ciel ! qu'est-ce donc qu'ils crient ? N'est-ce pas vwe la liberté?
MADAME LÉGER , lui frappant dans la main.
Madame Lanoue ! madame Lanoue ! vous vous faites mal.
MADAME LANOUE
Ils crient Five la Charte ! au moins.
LE MAITRE DE POSTE
Avait-elle invité le chirurgien ? Sait-on s'il est en bas?
MADAME LANOUE
Ceux qui vivaient il y a deux cents ans ne connaissaient pas leur bonheur !
MADAME LÉGER
Que c'est triste de voir quelqu'un dans cet état-là !
MADAME LANOUE
Le bruit augmente. C'en est fait de moi. C'est la révolution. Ils vont tout mettre au pillage. Mes amis, ne m'abandonnez pas. Vous êtes plus raisonnables qu'eux; faites-leur donc entendre que les peuples sont bien plus heureux quand ils souffrent tout que quand ils regimbent contre tout. Si je n'avais pas perdu un album , un petit livre où ma défunte maîtresse avait écrit de si belles choses ! Mais enfin ap-
prenez-leur toujours qu'il y a jusqu'à des cardinaux à la tête de nos afFa ires ; peut-être cela les calmera-t-iL
M. LÉGER
Ils verront moins en noir.
MADAME LAMOUE.
Nous voulions ramener le beau siècle.... (Eiïes'«rrêfe
et écoule. ) Ils mOUteUt l'eSCalier ! ( SUa se laissa tomber sur un siège. >
Jésus ! Maria !
(On entend en dehors le refrain d'une ronde snr l'air : Et voilà la vie que les moines font. )
Le inonde est une danse Où rbon Dieu nous lance :
Dès qu elle commence On n'peut plus rouler.
MADAME LANOUE
On ne peut plus reculer! Est-ce contre moi qu'ils ont fait celte chanson ?
LA FERMIÈRE
Oh ben oui !
MADAME LANOUE
On ne peut plus reculer ! Si on ne pouvait plus reculer, tout serait donc fini? (Bas en se détournant. ) Les monstres!
( Une troupe de gens du village entre en dansant, tandis que madame Lanoue, enloiiroe de tous les autres personnages , paraît terrifiée. }