SCENE XUI. i^i
MADAME LANGUE
Je regretterai toute ma vie cet album de feu madame la marquise ; ça leur aurait fait plus d'effet que toutes les damnations possibles. C'était joli! Imaginez-vous, monsieur Léger, des plaisanteries de ducs et de princes, des bons mots d'émigrés, des épigrammes charmantes contre la révolution, faites tant à Versailles qu'à Coblentz ; et puis , outre cela , des maximes , des sentences sérieuses , comme cellesci , par exemple : Si veut le roi , si veut la loi. C'est fort , n'est-ce pas ?
M. LÉGER
c'est même très-fort.
MADAME LANOUE
J'avais fait un paquet de tout cela , avec un tas de vieux ridicules qui venaient de madame; quelqu'un aura mis la main dessus.
M. LEGER
Ne le regrettez pas trop cependant ; je doute que vous en ayez tiré le parti que vous croyez. Vous venez de Paris , de la cour surtout , où il y a tant d'espèces de mondes ! Ici nous sommes des gens tout simples qui ne comprenons pas les finesses; veus avez pu vous en apercevoir.