SCENE X
LE MAITRE D'ÉCOLE
C’est comme le pèlerin.
' LA MÈRE BORDTER.
Que voideE-vous dire du pèlerin ? IjC pèlerin est un digne homme.
MORISSET
Qu’on a chassé plus de vingt fois du pays.
LA MÈRE BORDIER
Mais qu’on n’en chassera plus, je l’espère.
MORISSET. ''
C’est une question. Quand le baron saura toutes .ses fredaines...
- LA MÈRE BORDIER
Le baron! le baron n’a pas de droits sur lui. Un homme qui a été en pèlerinage dans des pays lointains , qui a vu une statue de sainte lui faire la révérence en souriant, qui porte deux rangs de coquilles autour de sou cou; un homme comme ça est au-dessus de tous les barons de la terre.
MORISSET
Que les femmes sont drôles ! Tout à l’heure c’était le baron qui était tout; à présent, c’est un misérable pèlerin qui est encore davantage.
LA MÈRE BORDIER
J’aime les misérables.
MORISSET
Un fainéant, qui n’a jamais fait œuvre de ses dix doigts.
LA MÈRE BORDIER
Il en faut comme ça.
MORiSSET.
Un effronté menteur qui attrape l’argent du monde avec des balivernes.
LA HÈRE BORDIER
Plus VOUS en direz de mal, plus il me sera cher.
MORISSET
Qui parle déjà de se mettre à la place de notre maître d’école.
LA MÈRE BORDIER
Vous lui reprochiez de ne rien foire; c’est pour foire quelque chose.
M. MERCIER
’ Cela peut aller loin; prenez-y garde, ma bonne femme.
LA MÈRE BORDIER
Ma bonne femme! ma bonne femme! c’est la première fois que je m’entends appeler ma bonne femme. Il n’y a plus à en douter, c’est un commencement de complot. Oh! oui, j’y prendrai garde, et je vas vous recommander an pèlerin de la bonne manière. Ma bonne femme!
(Elle fort.)